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Bertrand Cantat: chant, guitare, guitare acoustique, moriyn khuur, harmonica, trompette de poche (trombinette), didgeridoo, synthé, percussion vocale, piano

Akosh: Clarinette métal et kalimba sur "Le vent nous portera". Musique, saxophone, sifflet, clarinette, kalimba, kaval sur "L'europe"
Brigitte Fontaine: texte et chant sur "L'Europe"
Manu Chao
: guitare sur "Le vent nous portera"
Romain Humeau (Eiffel): arrangements, direction cordes, cor anglais et hautbois sur "Des visages, des figures"

Production: Nick Sansano (1,2,9,10,11), Jean Lamoot (3,4,5,6,7,8) et Noir Désir

Serge Teyssot-gay: choeurs, guitare, synthé, guitare cithare, sampler, guitare acoustique, guitare baryton

Denis Barthe: choeurs, batterie, percussion, percussion électronique, p'tit sampler, tambour marocain, crotales, vibraphone, xylophone, tambourin, orgue

Jean-Paul Roy: choeurs, basse, synthé, synthé basse, gumbri, orgue



LES TITRES

1. L'enfant roi

2. Le grand incendie

3. Le vent nous portera

4. Des armes

5. L'appartement

6. Des visages, des figures

7. Son style 1

8. Son style 2

9. A l'envers à l'endroit

10. Lost

11. Bouquet de nerfs

12.L'europe


 
 

"Des visages, des figures", nouvel album de Noir Désir est sorti depuis le 11 septembre 2001. Pour le réaliser, le groupe a navigué entre le Maroc (Marakech), la France (le studio Recall, à Nîmes et Le manoir à Léon, dans les landes), New York (où plusieurs studios ont été écumés).

Un album particulièrement long: 70 minutes environs, dont:

* Quarante-cinq minutes de morceaux formats court.
* et un immense titre de 23 minutes, intitulé "L'Europe". Un titre forcément politique. À noter la participation de Brigitte FONTAINE, qui signe les textes avec Bertrand CANTAT, et d'Akosh, qui intervient par ailleurs sur "Le vent nous portera".

Autre surprise: deux morceaux font la part belle aux cordes. Une petite formation de quelques cordes pour le premier ("Bouquet de Nerf"); un orchestre de cordes pour le second, avec un arrangement de ROMAIN HUMEAU, du groupe EIFFEL (Des visages, des figures").

À noter en outre la mise en musique d'un texte de Léo FERRÉ: "Des armes".

Précisons par aileurs que la production est double, mais bien distincte, chacun intervenant séparément sur des titres propres:

* Nick SANSANO, producteur, entre autre, de Sonic Youth et Public Enemy, qui intervient sur les titres enregistrés à New York.
* Jean LAMOOT, producteur français.

Jean-Paul Roy au studio Watermusic (New York)
Bertrand Cantat au studio Watermusic (New York)

Le groupe avec Nick Sansano, au studio Watermusic (New York)



Les photos ci-dessus ont été prêté à destination.noir-desir par Cyrille TAILLANDIER
N'hésitez pas à vous rendre sur son site: il n'en est pas à son coup d'essai !

Merci de ne pas reproduire ces photos sans l'autorisation de leur auteur.

 

 

Voici les pochettes et cd de promotion du dernier album de Noir Désir, à destination des professionnels, et que vous ne trouverez donc pas dans le commerce ! Un grand merci à ma "fournisseuse" !



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Des visages, des figures est sorit le 11 septembre 2001... et certain de ses titres ne sont pas sans évoquer l'attentat de New-York:


"L'hôtesse de l'air" et quelques autres tubes privés de radio - Dépêche AFP

PARIS, 22 sept (AFP) - Conséquence indirecte des attentats du 11 septembre contre le World Trade Center et le Pentagone, quelques chansons dont le contenu ou le titre ont une résonance malencontreuse avec l'actualité, "L'hôtesse de l'air" de Jacques Dutronc ou "Tombé du ciel" de Jacques Higelin, sont provisoirement privées d'antenne.

Interrogés par l'AFP, les responsables de la programmation musicale de plusieurs stations de radio ont indiqué que l'actualité les a conduits à "prendre des mesures de bon sens pour ne pas choquer les sensibilités des auditeurs".

Jean-Patrick Laurent, directeur de la programmation musicale de Oui FM, affirme "prendre garde à ne pas diffuser de titre pouvant prêter à équivoque". Ont été ainsi déprogrammés de l'antenne de la radio rock parisienne de chansons comme "Safe In The USA" du groupe australien AC/DC ou "Aeroplane" des Californiens Red Hot Chili Peppers.

"Le grand incendie", un des extraits du nouvel album de Noir Désir ("Y'a le feu partout, emergency/Babylone, Paris s'écroulent/New York City : Iroquois qui déboulent"), a aussi été déprogrammée. La composition du groupe bordelais sera toutefois diffusée dimanche dans une émission d'actualité, "Stereopress", "ce qui nous permettra de la situer dans son contexte, de faire un travail de pédagogie auprès des auditeurs", souligne Jean-Patrick Laurent.

Les chansons à connotation aérienne ou qui évoquent New York sont les premières victimes des déprogrammations : RTL 2 a ainsi retiré de son antenne "Tombé du ciel" de Jacques Higelin, "Comme un avion sans ailes" de CharlElie Couture, "New York avec toi" de Téléphone. Elle a aussi cessé de diffuser le groupe français les Avions. Disparu également : "Born In The USA" de Bruce Springsteen.


CHRONIQUE DE "DES VISAGES, DES FIGURES"
PAR JAN POL

"... des cartouches de clopes,des cafés serrés et presqu'un tas de nuits blanches avec la culpabilité en prime pour acoucher d'un putain de papier sur Noir Désir et leur sacrément bien foutue dernière bastos "des visages des figures". Poisse and fuck ! J'savais pas trop quoi en dire en fait et un tas d'autres s'en étaient chargés tant bien que mal, entre pertinence éclairée et profonde médiocrité. Bah ! A part le flip gastrique du rédac chef, peut m'importait. Vrai, je m'en foutais royal de ce que l'on pouvait dire d'un truc pareil. Moi ça me convenait parfaitement et le reste, basta !

La pochette jonchait parmi des vracs de Bjork, des couches de Thugs et d'innombrables compil de trip hop poussiéreux. A la convenance.... Une peinture avec en fond abrasif des traits fusionés d'ombres sans corps et sans chairs, munies seulenment de portables. Des oiseaux paniqués flottant au dessus. Une belle peinture. Une sacrée pochette et voilà tout. Déjà, ça sentait à plein poumons et à plein tube le souffre, la lave, le profond, l'enfouis, le rocailleux. C'était lourd, c'était fort dans mes mains, devant mes yeux, le vinyl, comme ça, projeté par des reflets de lune. Ouaips ! J'm'étais offert le vynil. J'voulais du massif. De la matiere et j'peux vous dire que je n'ai pas été déçu et que je suis encore bien par-terre, à me fendre les cellules et à pleurer votre mère pour parler de CA !

J'me souviens que c'était la fin d'été. Les paris étaient ouvert sur la probabilité d'une plantade dudit disque annoncé. Y 'en a qui calculaient, d'autres qui trépignaient, qui extrapolaient. Y'en a qui f'saient rien aussi. Qui attendaient l'automne, avec sa guerre. C'était le jour où tout à pété à NYC et qu'il y a un tas de naze qui se sont précipités pour dire que les Noir Dézeuh c'étaient des types visionnaires avec un tas de prémonitions et des tas de trucs encore, louches et stupides. Tout ça à cause du "Grand Incendie" et de sa ligne conductrice apocalyptique. Les blaireaux. C'te chanson c'est juste un constat. Une synthèse scinique du merdier que nous vivons depuis des lustres plaquée sur des accords de jazz et de blues. Fermez là et passez moi l'aspirine, j'ai mal à la tête bordel !

Dans le même genre blues entetant, pour ceux qui aiment le blues, 'y a "L'enfant roi". Une toune psamoldiée à l'indienne. Quand j'entends ça, je déboule dans le Grand Canyon en écoutant le Chant de la Beauté des indiens Dineh. Voilà, "l'enfant roi" c'est beau. C'est l'émotion- élévation aux cîmes des rochers rouges. Le rythme lorgne ambient-électro et Noir Désir nous invente le blues-groove. Très chaud.

Un autre truc fun que  j'ai entendu partout et lu aussi et vu ! Ils sont plus calmes. Ils ne font plus du rock. Ils chantent..... Ouais ouais, ok, ok, ok mais ont-ils encore des couilles si on va par là ?Yes, 'y a du changement. Mais ne peut-on pas parler d'évolution... de recherche, je ne sais pas moi, d'expérience, de logique..... Et puis d'abord, ce disque est faussement calme, il pète fort entre les côtes, il acidifie les membres, ravage les méninges. C'est un allé simple en special K. T'écoutes, tu plonges, tu plonges tu plonges et t'es tout content tout à la fin et bullshit, je passe à autre chose sinon je n'aurai jamais assez d'aspros et les dealers sont fermés.

En tout cas , 'y en a à tous les étages. Trip Hop vrombissant et poête esseulé dans"L'appartement", des cordes et des archets sur la chanson éponyme enchaîné sur la pépite punk-deux minutes top chrono- "Son Style I". Trois titres qui font du reste de votre neo-discothèque un bibelot bien inutile qui faudra bientôt songer à se débarrasser. Si t'es pas sensible à ça, tant pis pour toi.

 J'peux vous parler de "Bouquet de Nerfs" qui clot le brûlot et vous déprime en prime et sublimement. De "L'Europe", poême qui fait peur, sans fin avec Fontaine folle à la lie et Cantat qui souffle bout à bout. Il y a cette chanson qui erre  comme une paire de belles  jambes gainées sur une plage au petit matin "Son Style II", quand les artifices

miteux laissent un goût amer. Et 'y a plein de surprises encore. Qui ne se dévoilent pas. On reste pudique. Prudent aussi. Je n'ai pas envie d'écrire d'autres conneries. Ca couterait trop. Ca prendrait tant.

C'est un peu comme le monde. On en parle. On en dit. On en écrit. Si on l'écoutait...."

Spokans - Chronique des matins brouillés n° 77


CHRONIQUE DE "DES VISAGES, DES FIGURES"
PAR JULIEN

"Enfin…". Voilà ce que je me suis dis quand j'ai eu pour la première fois l'album entre les mains. Au moment de le payer, deux personnes avant moi à la caisse, pour la même acquisition… Commentaire amusé de la caissière : "Celui-là il n'était pas attendu mais presque !". Anecdote révélatrice à mon avis du succès commercial à venir.

Cinq longues années d'attente, et pourtant ils sont toujours là. Pas de long silence radio cette fois-ci mais au contraire l'excellent On croit qu'on en est sorti de Serge Teyssot-Gay et surtout le best of géant : En route pour la joie, qui me permet de découvrir quelques perles : Drunken sailors (quelle énergie !), Working class hero, Lullaby, Volontaire et Ces gens là, du grand Jacques.

Malgré tout, le fait d'apprendre qu'un nouvel album était en préparation m'a soulagé (merci Florent et bravo pour ton site), j'avoue que j'ai eu un peu peur de ce coffret 3 CD, qui avait l'air de "boucler la boucle" en quelque sorte et d'annoncer la fin de l'histoire.

Parler des choses qu'on aime est toujours agréable. Ma critique n'est pas &endash; et ne peut pas &endash; être objective. Mon enthousiasme est une évidence. J'ai acheté l'album les yeux fermés, en toute confiance, certain de ne pas être déçu. Pour moi, chaque fan de Rock se doit d'aimer &endash; au moins un peu &endash; Noir Désir, c'est presque une obligation. Que ce soit pour les textes, le son, la démarche ou même seulement l'engagement, qu'importe, mais impossible d'ignorer leur honnêteté, leur constance, leur présence.

Le voilà donc cet album, dans son habit rouge. C'est drôle, il y a un an, j'avais parié avec un copain que s'il devait y en avoir un autre, il serait rouge. Après l'orange du Ciment sous les Plaine, le gris de Tostaky et le bleu de 666 667 Club, je me disais qu'il manquait du rouge à leur discographie : me voilà exaucé !

Malgré le temps qui a passé, malgré les avertissements de tout ordre, la première écoute révèle une surprise totale, et il faut bien le dire, une impression mitigée. On a forcément des a priori, des attentes en rapport avec ce qui a été fait avant. Il faut en partie oublier, faire abstraction du passé et je crois que j'ai eu tendance à négliger cet aspect des choses. Cela dit, la subjectivité reprend très vite le dessus et dès lors on se dit que 2001 est décidément un très grand cru.

On l'a dit et je pense que c'est vrai, des Visages des Figures est un album de rupture. La transition entre Tostaky et 666 667 Club était certes brutale mais on arrivait encore à appréhender les deux albums dans un même ensemble, une même logique. Ici, la tâche est beaucoup plus difficile car le changement est total. Finis les rifs incontrôlés à la guitare et les tempos endiablés des premiers albums, la force et l'énergie brute laissent la place à une musique plus apaisée, plus mature on pourrait dire. Même si je ne suis pas un fan de la première heure, je comprends qu'on puisse être déçu. Certains leur reprocheront sûrement d'avoir totalement évacué la dimension "rock" de l'album, à une ou deux exceptions près.

Je trouve ces critiques fortement teintées d'égoïsme. Noir Désir, ce n'est pas seulement le bruit et la colère. Les bordelais nous ont déjà prouvé à maintes reprises que leur répertoire était beaucoup plus vaste, et s'étendait bien au delà de la rage électrique et électrisante. J'ai beaucoup aimé le côté "énergie brute" de Noir Désir, mais je les trouve vraiment bons dans ce nouveau registre "blues", lequel n'a d'ailleurs jamais été totalement absent des autres albums. Le fait est que malgré leur évolution et leur volonté d'ouverture sur l'extérieur, le groupe n'a jamais cédé (et j'espère ne cèdera jamais) à aucun effet de mode ni aucune attente de la part de qui que ce soit. Certes ils n'ont pas le monopole de l'intransigeance, mais chez Noir Désir, je trouve que ce besoin exacerbé de liberté, d'indépendance artistique est récurrent, notamment dans leurs interviews. Si je devais leur adresser un message (quel privilège ce serait !), je leur dirais ceci : "Continuez à faire ce que vous avez envie, j'aimerai quoi qu'il arrive, car dans tous les cas, je trouve que vous êtes vraiment bons !". Etre honnête avec soi-même, c'est selon moi une preuve de respect, respect vis-à-vis de soi, et surtout respect vis-à-vis de ceux qui écoutent.

Bon, le sac est vidé, arrêtons donc ici les controverses, mettons des pointillés et parlons de l'album, puisque c'est le thème. La grande spécificité de Noir Désir, la chose qui à mon sens différencie le groupe de son environnement musical, ce sont les textes. On a souvent tendance à ne privilégier que la musique, et à sous-estimer ainsi l'immense talent littéraire de l'auteur. Car je n'ai pas l'impression d'exagérer quand je dis que B. Cantat écrit bien, et écrit juste. C'est une constante depuis Où veux-tu qu'je r'garde jusqu'à aujourd'hui, et c'est un élément d'explication de leur réussite.

Dans des Visages des Figures, les textes sont toujours aussi beaux, toujours aussi riches (et je dirais même davantage que dans les autres albums). La mélancolie est toujours présente, le style est toujours aussi complexe et dépouillé à la fois. On est ballotté de sentiments en sentiments, d'images en images et même si on perd du sens en route, on tombe vite sous le charme. On perd du sens oui. Je suis toujours frustré à l'écoute des paroles, celles-ci laissent toujours une place importante à l'interprétation personnelle mais parfois &endash; et même souvent &endash; j'aimerais en savoir un peu plus, savoir ce qu'il a voulu dire à tel ou tel endroit. On essaie de deviner, de pressentir, on imagine, on croit bien percevoir quelques fragments, quelques morceaux de sensations, d'émotions, de sens en fin de compte, mais on n'est jamais vraiment certain, on reste souvent sans réponse satisfaisante, et on ressent un manque, on en souffre même parfois.

Je sais qu'il ne sera pas d'accord, mais je le verrais bien sortir un bouquin où &endash; pour chaque morceau &endash; il expliquerait ses textes, commenterait ses choix, ses dilemmes. Je pensais trouver quelques réponses dans Noir(s) Désir(s) &endash; le livre &endash; mais j'ai dû me résigner une fois encore, et accepter le style définitivement énigmatique de l'auteur.

Autre idée qui m'est venue à l'esprit après plusieurs écoutes, le fait que l'album révèle pour la première fois la prépondérance du duo Cantat &endash; Teyssot-Gay. En effet, et ce n'est pas faire injure aux deux autres larrons, des Visages des Figures, c'est d'abord une voix &endash; celle de Bertrand &endash; et une guitare, celle de Serge (et non pas de Manu !). Par curiosité, je suis retourné voir les précédents albums : cela a confirmé mes impressions quant à ce dernier opus, la batterie et la basse sont toujours présents mais différemment, peut-être de manière plus accessoire, plus secondaire. A mon sens, ce sont les nouvelles orientations musicales du groupe qui expliquent ce phénomène. Je reste pourtant convaincu que sur scène, l'homogénéité et la complémentarité de Noir Désir restent entières. A vérifier à Toulouse le 29 septembre, j'y serai, sans faute.

L'enfant roi

Placée en tête, cette chanson nous plonge de manière assez brutale dans le nouvel univers musical de l'album. Pour moi, et je suis sûr pour beaucoup d'autres, le dépaysement a été total. Ce qui attire l'attention dans L'enfant Roi, c'est d'abord l'accord à la guitare, entêtant et pas si évident que cela à retenir. La voix de Bertrand est elle aussi une sacrée surprise par rapport à tout ce que l'on a entendu jusqu'à présent, même avec des titres tels que Song for JLP ou Twilight Zone. Quand je pense que Noir Désir a failli s'arrêter à cause de cela. Pour moi, la fin du groupe ne serait pas en soi une catastrophe, mais à condition qu'il s'agisse d'un choix, et non d'une nécessité.

Quoi qu'il en soit, l'ensemble m'a vraiment emballé, et on peut se réjouir au passage pour l'heureux papa et féliciter également la maman, c'est ce qu'il convient de faire dans ces cas là non ?

Le vent nous portera

Ayant acheté le single, j'ai eu le temps d'écouter et de réécouter ce morceau. A ce sujet, les fans attentifs auront perçu une légère différence entre les deux versions au niveau de l'intro. Vous n'avez pas remarqué ? Mais si, écoutez bien !

A mon avis, c'est la chanson qui plaira le plus, et c'est normal, car elle est vraiment belle avec Manu qui accompagne de sa guitare sautillante et lumineuse et qui vient apporter sa pierre à l'édifice. A tous les gens qui disent ne pas aimer Noir Désir, j'ai envie de leur balancer ce titre en pleine figure : "Tenez, regardez ce qu'ils sont capables de faire !". Pourtant, je suis d'accord avec Benoît lorsqu'il dit que ce single n'est pas représentatif de l'album. Autant je trouve que les autres chansons forment un ensemble homogène et harmonieux, autant j'ai beaucoup de mal à intégrer Le vent nous portera dans cette unité. Le fait de l'avoir beaucoup écouté auparavant est peut-être une explication, mais j'ai malgré tout peur du syndrome Aux sombres héros de l'amer. Dernière chose, le texte, un des plus beaux de l'album pour moi, l'image des "méandres au creux des reins" restera pour moi une image forte. Je retiendrai aussi le très fin "Infinité de destins / On en pose un / Qu'est-ce qu'on en retient ?". Une douceur et une intensité illimitée, Manu Chao aurait sûrement dit "infinita tristeza".

Des armes

L'occasion pour moi de découvrir vraiment Léo Ferré, après avoir découvert &endash; ou plutôt redécouvert Jacques Brel avec la reprise de Ces gens là, que j'ai entendue pour la première à Millau pour ce que j'appelle "la fête à José". Comme pour le morceau de Brel, Des armes est une chanson vraiment pas facile à reprendre, même si je n'ai pas (encore) été voir la version originale, le risque était grand selon moi mais le résultat est magnifique : une vraie réussite, surtout au niveau de l'orchestration. La puissance du texte fait le reste. Une chanson courte mais remarquablement interprétée, Léo, tout comme Jacques, doivent être contents : "C'est bien les p'tits gars !".

L'appartement

Une des meilleures de l'album selon moi, une simplicité étonnante dans le style, et surtout un refrain où l'on découvre pour la première fois un chanteur qui n'hésite pas à monter très haut, même si les précédents morceaux laissaient augurer un tel changement. Une ambiance tout à fait particulière qu'on a du mal à décrire. Cela me rappelle un peu le ton de Lolita nie en bloc ou de A la longue, car le sujet de ces chansons est aussi une femme. Une belle trouvaille lexicale à travers un jeu de mots pas évident à trouver : "Attends moi, toi tu es la reine / Des sommets, l'orage sévit dans les plaines", qu'on aurait pu comprendre comme "Laura, je sévis dans les plaines". Mais peut-être n'était-ce même pas volontaire de la part de l'auteur, qui sait ?

Lost

Ma préférée, de loin. Je me rends compte que j'ai été un peu sévère plus haut, je reconnais que sur ce morceau on retrouve Noir Désir là où ils sont malgré tout les meilleurs. Voix cassée, guitare agressive, batterie et basse omniprésentes et textes percutants (j'espère ne pas raconter de bêtises en disant que la chanson parle de l'industrie du disque). "Enfin !" diront certains, j'avoue que moi aussi j'ai été heureux de voir que le groupe n'avait pas complètement abandonné la révolte.

Avec Lost, je retrouve l'ambiance des précédents albums, c'est-à-dire l'ambiance qui en premier lieu m'a fait aimer Noir Désir. Le début n'interpelle pas vraiment, mais on est tout de suite attentif à ce qui va se passer ensuite. En descendant assez bas dans les graves, le refrain vient alors donner tout son sens à la chanson. A partir de la tout s'éclaire, le morceau devient mélodieux et lumineux. Puis le ton monte et la fin est tout simplement divine avec une guitare qui rappellera à certain En route pour la joie (version live évidemment). Je dirais que ce morceau est là pour rassurer. Noir Désir est toujours Noir Désir : "Lost but not stranded yet".

Bouquet de nerfs

Une belle conclusion à cet album (si l'on met à part L'Europe, improvisation que je commence vraiment à apprécier), Bouquet de nerfs est une manifestation de la grâce qui habite le groupe. Même si on se sent vraiment frustré au niveau du texte, on apprécie tout de même la musicalité de certains vers. Je retrouve même du Têtes Raides dans le texte avec "Mais olfacultatif / Liste en boule, au panier".

La beauté du morceau tient également dans la vitrosité de S. Teyssot-Gay. Les crissements de sa guitare me ramènent de manière irrésistible vers son expérimentation solo Silence Radio. J'engage ceux qui possèdent cet enregistrement inclassable à le réécouter, et notamment Waiting. Sûr que le petit détour de Sergio a inspiré le présent album.

 

Voilà, j'espère que je n'ai pas été trop long, ni trop pénible (je me rends compte que si en me relisant). des Visages des Figures est pour moi le résultat d'un superbe travail. Ni meilleur ni moins bon que les précédents, il mérite assurément une place de choix dans l'univers musical de chaque fan de rock.

J'ai une chose à dire avant de vous laisser : merci aux quatre gars d'avoir été là pendant ces années, et merci d'être toujours là, toujours entiers. Merci d'avoir été le souffle et le lien. Merci de faire ce que vous faites, et d'être ce que vous êtes. Continuez, mon monde à moi est plus intéressant si vous en faites partie. Bon vent, portez-nous encore.


LE COMMENTAIRE D'
INFOCONCERT.COM

Merci à Barbara !

Un nième album pour la bande à Bertrand Cantat attendu avec impatience.

5ème album studio pour les Bordelais et là, grosse surprise. Le Noir Désir attendu n'est plus : nouveau son, nouvelle direction artistique. On reste perdu devant la métamorphose de ce groupe fétiche, longtemps catalogué comme l'essence même du rock. Bertrand Cantat n'aime pas les chapelles, me direz-vous. Ni les autres d'ailleurs, et ils le prouvent en s'évadant vers d'autres sonorités et expérimentations musicales. Il faut donc réapprivoiser la musique des Bordelais pour l'apprécier à sa juste valeur. La puissance du groupe ne passe plus par la tension et les secousses telluriques. Même le chant de Cantat a changé, moins tendu, moins extrême, plus posé et osant des gammes jusque-là jamais explorées. Heureusement pour les textes, rien n'a changé : l'écriture de Cantat est toujours aussi percutante, belle à en pleurer, amère comme la vie et toujours chargée de sens.

Cet album est suicidaire, car les quatre Noir Dés' n'ont pas eu peur de se remettre en question et partir à l'aventure sans garde-fous. Risque maximal, opération réussie. Il faut écouter ce 12 titres d'une oreille vierge, se le repasser en boucles pour s'en imprégner. Laisser aux Bordelais le choix de flirter avec le blues, les ballades et les chansons plus calmes (enfin faussement calmes). Tout le monde connaît « Le vent nous portera » (hélas, single du groupe) où la voix de Cantat interloque, où la mélodie semble trop facile. Ce morceau est pourtant magnifique, assisté de la guitare mutine de Chao et des élucubrations jouissives d'Akosh. L'album débute avec « L'enfant roi » plus proche du blues que du rock, séquencé par quelques boucles hypnotiques. Terriblement glaçant à y réfléchir de près. Avec « Le grand incendie », on renoue avec un Noir Dés' plus ressemblant même si, là encore, des accents blues, des incursions électroniques viennent nous défriser. Impression mitigée sur « Des armes » de Ferré : la voix de Bertrand est vraiment insupportable même si la musique grandiose a tout pour prendre aux tripes. « Son style 1 », plein de bruit et fureur, s'oppose à « Son style 2 » glaçant et atmosphérique. Coup de cœur sur « A l'envers à l'endroit » au texte poétique, où bidouillages sonores et guitare fureteuse se fondent. Sans parler de ce morceau fleuve « L'Europe » qui convie Brigitte Fontaine et Akosh : free jazz et texte terrifiant au programme.

Pas persuadée à 100%, peut être un peu déçue mais convaincue du bien fondé des expérimentations du quatuor bordelais. Noir Dés' reste ce grand groupe qu'on aime.


LE COMMENTAIRE DE LA
FNAC

Il est terminé le temps où Noir Désir fonçait tête baissée dans de grands raids électriques ivres d'électricité hardcore et de grandes envolées lyriques. Avec le temps, les Bordelais ont quitté peu à peu leurs positions rock pour goûter à d'autres envies. Les cordes, les claviers et les choeurs féminins font ici une entrée tonitruante, les structures se détendent, la voix de Bertrand Cantat montre une amplitude insoupçonnée et Noir Désir arpente de nouveaux registres. Dans son univers sonore transformé, le groupe a invité quelques amis à partager le feu de joie. Manu Chao et sa petite guitare latine ensoleillé d'un swing artisanal " Le vent nous portera ", Brigitte Fontaine scande ses messages sur le colossal " L'Europe " et même Léo Ferré, à titre posthume, signe le texte de " Des armes ", un titre qu'il n'a pas eu le temps de mettre en musique de son vivant.


LE COMMENTAIRE DE BENOIT

J'ai eu la grande chance d'écouter le nouvel album de Noir Désir en avant première : surprenant. Je ne m'attendais pas du tout à ça.

Après la première écoute, on pense desuite au premier album du groupe " où veux tu qu'je r'garde " : mélancolique, bizarre, calme, excellent quoi.

Rien à voir avec les rythmes de " Tostaky ", " Du ciment sous les plaines " et " Veuillez rendre l'âme… ". En revanche, quelques similitudes avec " 666 667 Club " toujours dans les sonorités.

Bertrand, là encore, nous étale son immense talent de chanteur avec une gamme de sons hallucinants. Il dégage une émotion toujours aussi prenante, en particulier dans " Des armes ", " A l'envers à l'endroit " et " Bouquet de nerfs ", 3 chansons que j'affectionne particulièrement.

Pour ceux qui s'attendent à c'que ça déménage, seule " Son style 1 " répondra présente. En effet, peu de rythmes électriques endiablés.

Quelques passages à haut débit de paroles (façon rap) sont à noter. Il me semble également que le tempo de certaines chansons se rapprochent de groupes tels que No one is innocent ou Lofofora (tu vois le style où ai je du mal à me faire comprendre ? ! ! ?)

Par contre, grosse déception sur " L'Europe " (durée : 23'45'') : beaucoup trop de longueur, une musique sans trop d'intérêt à mon goût et la participation de Brigitte FONTAINE qui n'apporte rien d'extra (je parle uniquement pour moi : d'autres sauront, je pense, y trouver leur compte).

Pour conclure, Noir Désir change là encore de registre, comme un retour à la source, un apaisement se fait ressentir, on se dit déjà " vivement le prochain " et en attendant " En route pour la joie "…

Beud


LE COMMENTAIRE DE JULIEN

Voilà, j'ai 24 ans et j'ai découvert Noir Désir alors que j'avais 19-20 ans, donc assez tard. Jusque-là, des titres tels que Marlène, Tostaky ou Aux sombres héros de l'amer m'étaient vaguement familiers, mais sans pouvoir y mettre un nom dessus. A cette époque, on les croyait finis, puis 666 667 club est sorti et c'est à partir de là que j'ai réellement aimé le groupe, et que j'ai été chercher les albums précédents.

On a l'impression de se répéter mais c'est vrai, Noir Désir est objectivement un groupe à part dans le paysage musical français, je ne vais pas y revenir dessus. J'attendais donc avec impatience le prochain album.

La première audition de Le vent nous portera à la radio m'a permis de constater qu'ils étaient toujours là. Certes, ils évoluent, mais leur son, leur style est toujours présent, impossible de se tromper, au bout de quelques secondes, avant même qu'il ne commence à chanter, on sait que c'est eux, car il n'y a qu'eux pour jouer de cette manière.

Après plusieurs tentatives, j'ai réussi à capturer la chanson sur cassette, et à pouvoir ainsi l'écouter davantage. Bien sûr, avec un son douteux, une intro et une fin coupées par l'animateur mais qu'importe, l'essentiel est là. Et enfin, hier 28 août 2001, je me suis précipité sur le single.

A la première écoute du CD 2 titres, je me suis dit que j'avais vraiment loupé quelque chose avec mon enregistrement artisanal. Sur ce dernier, la guitare de Manu Chao a déjà débuté (entre parenthèse, je me suis toujours demandé pourquoi Noir Désir et la Mano Negra n'avaient pas davantage travaillé ensemble), tandis qu'avec le CD, on découvre le tout début, et à mon sens, c'est le point crucial de la chanson, quand la guitare démarre.

Je n'hésite pas à le dire, cette intro est réellement lumineuse, je sais que peu de gens seront d'accord avec moi, mais dans l'intensité et dans l'émotion qu'elle suscite (du moins chez moi), elle est comparable à Tostaky. J'ignore pourquoi, elle est assez simple après tout, c'est toujours difficile à exprimer avec des mots. Le seul regret que j'ai, c'est que par la suite on l'entend moins, et c'est dommage, car c'est le fruit du mélange entre les styles des deux groupes, et c'est un mélange détonnant.

Pour le reste, la chanson me plaît, le style est toujours triste, mélancolique, et le texte est joli aussi. L'image "des méandres au creux des reins" notamment me plaît beaucoup. Bref, c'est Noir Désir, pas de doute là-dessus, Noir Désir qui s'interroge sur la vie, la mort et le temps qui passe.

Malgré tout, ce sont les premiers accords que je retiendrai, au-delà de tout le reste. Pour finir, le morceau m'a également permis de découvrir Akosh S., saxophoniste hongrois, de la même manière qu'Ernestine avait fait découvrir Lajko Felix, violoniste hongrois également.


© 1998-2007.....Florent GARNIER