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|

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Bertrand
Cantat: chant, guitare, guitare
acoustique, moriyn khuur, harmonica,
trompette de poche (trombinette),
didgeridoo, synthé, percussion
vocale, piano
|
Akosh:
Clarinette métal et kalimba sur "Le
vent nous portera". Musique, saxophone,
sifflet, clarinette, kalimba, kaval sur
"L'europe"
Brigitte Fontaine: texte et chant
sur "L'Europe"
Manu Chao: guitare sur "Le vent nous
portera"
Romain Humeau (Eiffel):
arrangements, direction cordes, cor
anglais et hautbois sur "Des visages, des
figures"
Production: Nick Sansano
(1,2,9,10,11), Jean Lamoot (3,4,5,6,7,8)
et Noir Désir
|
|
Serge
Teyssot-gay: choeurs, guitare,
synthé, guitare cithare, sampler,
guitare acoustique, guitare
baryton
|
|
Denis
Barthe: choeurs, batterie, percussion,
percussion électronique, p'tit
sampler, tambour marocain, crotales,
vibraphone, xylophone, tambourin,
orgue
|
|
Jean-Paul
Roy: choeurs, basse, synthé,
synthé basse, gumbri,
orgue
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|
LES
TITRES
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1.
L'enfant roi
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2.
Le grand incendie
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3.
Le vent nous portera
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4.
Des armes
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5.
L'appartement
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6.
Des visages, des figures
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7.
Son style 1
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8.
Son style 2
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9. A
l'envers à l'endroit
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10.
Lost
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11.
Bouquet de nerfs
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12.L'europe
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|
"Des
visages, des figures", nouvel album de Noir Désir
est sorti depuis le 11 septembre 2001. Pour le
réaliser, le groupe a navigué entre le
Maroc (Marakech), la France (le studio Recall,
à Nîmes et Le manoir à Léon, dans
les landes), New York (où plusieurs studios
ont été écumés).
Un album
particulièrement long: 70 minutes environs,
dont:
* Quarante-cinq
minutes de morceaux formats court.
* et un immense titre de 23 minutes, intitulé
"L'Europe". Un titre forcément politique.
À noter la participation de Brigitte FONTAINE,
qui signe les textes avec Bertrand CANTAT, et d'Akosh, qui
intervient par ailleurs sur "Le vent nous
portera".
Autre surprise: deux
morceaux font la part belle aux cordes. Une petite
formation de quelques cordes pour le premier ("Bouquet de
Nerf"); un orchestre de cordes pour le second, avec un
arrangement de ROMAIN HUMEAU, du groupe EIFFEL (Des
visages, des figures").
À noter en
outre la mise en musique d'un texte de Léo
FERRÉ: "Des armes".
Précisons par
aileurs que la production est double, mais bien
distincte, chacun intervenant séparément sur
des titres propres:
* Nick SANSANO,
producteur, entre autre, de Sonic Youth et Public Enemy, qui
intervient sur les titres enregistrés à New
York.
* Jean LAMOOT, producteur français.
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|
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Jean-Paul
Roy au studio Watermusic (New
York)
|
Bertrand
Cantat au studio Watermusic (New
York)
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Le
groupe avec Nick Sansano, au studio Watermusic (New
York)
|
Les photos
ci-dessus ont été prêté à
destination.noir-desir par Cyrille
TAILLANDIER
N'hésitez
pas à vous rendre sur son
site:
il n'en est pas à son coup d'essai !
Merci de ne pas reproduire ces photos sans l'autorisation
de leur auteur.

|
Voici
les pochettes et cd de promotion du dernier
album de Noir Désir, à destination
des professionnels, et que vous ne trouverez donc
pas dans le commerce ! Un grand merci à
ma "fournisseuse" !
|


...........

|
Des
visages, des figures est sorit le 11 septembre
2001... et certain de ses titres ne sont pas sans
évoquer l'attentat de
New-York:
"L'hôtesse
de l'air" et quelques autres tubes privés de
radio - Dépêche
AFP
PARIS, 22
sept (AFP) - Conséquence indirecte des
attentats du 11 septembre contre le World Trade
Center et le Pentagone, quelques chansons dont le
contenu ou le titre ont une résonance
malencontreuse avec l'actualité,
"L'hôtesse de l'air" de Jacques Dutronc ou
"Tombé du ciel" de Jacques Higelin, sont
provisoirement privées d'antenne.
Interrogés
par l'AFP, les responsables de la programmation
musicale de plusieurs stations de radio ont
indiqué que l'actualité les a
conduits à "prendre des mesures de bon sens
pour ne pas choquer les sensibilités des
auditeurs".
Jean-Patrick
Laurent, directeur de la programmation musicale de
Oui FM, affirme "prendre garde à ne pas
diffuser de titre pouvant prêter à
équivoque". Ont été ainsi
déprogrammés de l'antenne de la radio
rock parisienne de chansons comme "Safe In The USA"
du groupe australien AC/DC ou "Aeroplane" des
Californiens Red Hot Chili Peppers.
"Le grand
incendie", un des extraits du nouvel album de Noir
Désir ("Y'a le feu partout,
emergency/Babylone, Paris s'écroulent/New
York City : Iroquois qui déboulent"), a
aussi été
déprogrammée. La
composition du groupe bordelais sera toutefois
diffusée dimanche dans une émission
d'actualité, "Stereopress", "ce qui nous
permettra de la situer dans son contexte, de faire
un travail de pédagogie auprès des
auditeurs", souligne Jean-Patrick
Laurent.
Les
chansons à connotation aérienne ou
qui évoquent New York sont les
premières victimes des
déprogrammations : RTL 2 a ainsi
retiré de son antenne "Tombé du ciel"
de Jacques Higelin, "Comme un avion sans ailes" de
CharlElie Couture, "New York avec toi" de
Téléphone. Elle a aussi
cessé de diffuser le groupe français
les Avions. Disparu également : "Born In The
USA" de Bruce Springsteen.
|

CHRONIQUE
DE "DES VISAGES, DES FIGURES"
PAR JAN POL
|
|
"...
des
cartouches de clopes,des cafés serrés
et presqu'un tas de nuits blanches avec la
culpabilité en prime pour acoucher d'un
putain de papier sur Noir Désir et leur
sacrément bien foutue dernière bastos
"des visages des figures". Poisse and fuck !
J'savais pas trop quoi en dire en fait et un tas
d'autres s'en étaient chargés tant
bien que mal, entre pertinence
éclairée et profonde
médiocrité. Bah ! A part le flip
gastrique du rédac chef, peut m'importait.
Vrai, je m'en foutais royal de ce que l'on pouvait
dire d'un truc pareil. Moi ça me convenait
parfaitement et le reste, basta !
La pochette
jonchait parmi des vracs de Bjork, des couches de
Thugs et d'innombrables compil de trip hop
poussiéreux. A la convenance.... Une
peinture avec en fond abrasif des traits
fusionés d'ombres sans corps et sans chairs,
munies seulenment de portables. Des oiseaux
paniqués flottant au dessus. Une belle
peinture. Une sacrée pochette et
voilà tout. Déjà, ça
sentait à plein poumons et à plein
tube le souffre, la lave, le profond, l'enfouis, le
rocailleux. C'était lourd, c'était
fort dans mes mains, devant mes yeux, le vinyl,
comme ça, projeté par des reflets de
lune. Ouaips ! J'm'étais offert le vynil.
J'voulais du massif. De la matiere et j'peux vous
dire que je n'ai pas été
déçu et que je suis encore bien
par-terre, à me fendre les cellules et
à pleurer votre mère pour parler de
CA !
J'me souviens
que c'était la fin d'été. Les
paris étaient ouvert sur la
probabilité d'une plantade dudit disque
annoncé. Y 'en a qui calculaient, d'autres
qui trépignaient, qui extrapolaient. Y'en a
qui f'saient rien aussi. Qui attendaient l'automne,
avec sa guerre. C'était le jour où
tout à pété à NYC et
qu'il y a un tas de naze qui se sont
précipités pour dire que les Noir
Dézeuh c'étaient des types
visionnaires avec un tas de prémonitions et
des tas de trucs encore, louches et stupides. Tout
ça à cause du "Grand Incendie" et de
sa ligne conductrice apocalyptique. Les blaireaux.
C'te chanson c'est juste un constat. Une
synthèse scinique du merdier que nous vivons
depuis des lustres plaquée sur des accords
de jazz et de blues. Fermez là et passez moi
l'aspirine, j'ai mal à la tête bordel
!
|
|
Dans le
même genre blues entetant, pour ceux qui
aiment le blues, 'y a "L'enfant roi". Une toune
psamoldiée à l'indienne. Quand
j'entends ça, je déboule dans le
Grand Canyon en écoutant le Chant de la
Beauté des indiens Dineh. Voilà,
"l'enfant roi" c'est beau. C'est l'émotion-
élévation aux cîmes des rochers
rouges. Le rythme lorgne ambient-électro et
Noir Désir nous invente le blues-groove.
Très chaud.
Un autre truc
fun que j'ai entendu partout et lu aussi et
vu ! Ils sont plus calmes. Ils ne font plus du
rock. Ils chantent..... Ouais ouais, ok, ok, ok
mais ont-ils encore des couilles si on va par
là ?Yes, 'y a du changement. Mais ne peut-on
pas parler d'évolution... de recherche, je
ne sais pas moi, d'expérience, de
logique..... Et puis d'abord, ce disque est
faussement calme, il pète fort entre les
côtes, il acidifie les membres, ravage les
méninges. C'est un allé simple en
special K. T'écoutes, tu plonges, tu plonges
tu plonges et t'es tout content tout à la
fin et bullshit, je passe à autre chose
sinon je n'aurai jamais assez d'aspros et les
dealers sont fermés.
En tout cas ,
'y en a à tous les étages. Trip Hop
vrombissant et poête esseulé
dans"L'appartement", des cordes et des archets sur
la chanson éponyme enchaîné sur
la pépite punk-deux minutes top chrono- "Son
Style I". Trois titres qui font du reste de votre
neo-discothèque un bibelot bien inutile qui
faudra bientôt songer à se
débarrasser. Si t'es pas sensible à
ça, tant pis pour toi.
J'peux
vous parler de "Bouquet de Nerfs" qui clot le
brûlot et vous déprime en prime et
sublimement. De "L'Europe", poême qui fait
peur, sans fin avec Fontaine folle à la lie
et Cantat qui souffle bout à bout. Il y a
cette chanson qui erre comme une paire de
belles jambes gainées sur une plage au
petit matin "Son Style II", quand les
artifices
miteux
laissent un goût amer. Et 'y a plein de
surprises encore. Qui ne se dévoilent pas.
On reste pudique. Prudent aussi. Je n'ai pas envie
d'écrire d'autres conneries. Ca couterait
trop. Ca prendrait tant.
C'est un peu
comme le monde. On en parle. On en dit. On en
écrit. Si on
l'écoutait...."
Spokans -
Chronique des matins brouillés n°
77
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CHRONIQUE
DE "DES VISAGES, DES FIGURES"
PAR JULIEN
|
|
"Enfin
".
Voilà ce que je me suis dis quand j'ai eu
pour la première fois l'album entre les
mains. Au moment de le payer, deux personnes avant
moi à la caisse, pour la même
acquisition
Commentaire amusé de la
caissière : "Celui-là il
n'était pas attendu mais presque !".
Anecdote révélatrice à mon
avis du succès commercial à venir.
Cinq longues
années d'attente, et pourtant ils sont
toujours là. Pas de long silence radio cette
fois-ci mais au contraire l'excellent On croit
qu'on en est sorti de Serge Teyssot-Gay et surtout
le best of géant : En route pour la joie,
qui me permet de découvrir quelques perles :
Drunken sailors (quelle énergie !), Working
class hero, Lullaby, Volontaire et Ces gens
là, du grand Jacques.
Malgré
tout, le fait d'apprendre qu'un nouvel album
était en préparation m'a
soulagé (merci Florent et bravo pour ton
site), j'avoue que j'ai eu un peu peur de ce
coffret 3 CD, qui avait l'air de "boucler la
boucle" en quelque sorte et d'annoncer la fin de
l'histoire.
Parler des
choses qu'on aime est toujours agréable. Ma
critique n'est pas &endash; et ne peut pas &endash;
être objective. Mon enthousiasme est une
évidence. J'ai acheté l'album les
yeux fermés, en toute confiance, certain de
ne pas être déçu. Pour moi,
chaque fan de Rock se doit d'aimer &endash; au
moins un peu &endash; Noir Désir, c'est
presque une obligation. Que ce soit pour les
textes, le son, la démarche ou même
seulement l'engagement, qu'importe, mais impossible
d'ignorer leur honnêteté, leur
constance, leur présence.
Le
voilà donc cet album, dans son habit rouge.
C'est drôle, il y a un an, j'avais
parié avec un copain que s'il devait y en
avoir un autre, il serait rouge. Après
l'orange du Ciment sous les Plaine, le gris de
Tostaky et le bleu de 666 667 Club, je me disais
qu'il manquait du rouge à leur discographie
: me voilà exaucé !
Malgré
le temps qui a passé, malgré les
avertissements de tout ordre, la première
écoute révèle une surprise
totale, et il faut bien le dire, une impression
mitigée. On a forcément des a priori,
des attentes en rapport avec ce qui a
été fait avant. Il faut en partie
oublier, faire abstraction du passé et je
crois que j'ai eu tendance à négliger
cet aspect des choses. Cela dit, la
subjectivité reprend très vite le
dessus et dès lors on se dit que 2001 est
décidément un très grand cru.
On l'a dit et
je pense que c'est vrai, des Visages des Figures
est un album de rupture. La transition entre
Tostaky et 666 667 Club était certes brutale
mais on arrivait encore à appréhender
les deux albums dans un même ensemble, une
même logique. Ici, la tâche est
beaucoup plus difficile car le changement est
total. Finis les rifs incontrôlés
à la guitare et les tempos endiablés
des premiers albums, la force et l'énergie
brute laissent la place à une musique plus
apaisée, plus mature on pourrait dire.
Même si je ne suis pas un fan de la
première heure, je comprends qu'on puisse
être déçu. Certains leur
reprocheront sûrement d'avoir totalement
évacué la dimension "rock" de
l'album, à une ou deux exceptions
près.
Je trouve ces
critiques fortement teintées
d'égoïsme. Noir Désir, ce n'est
pas seulement le bruit et la colère. Les
bordelais nous ont déjà prouvé
à maintes reprises que leur
répertoire était beaucoup plus vaste,
et s'étendait bien au delà de la rage
électrique et électrisante. J'ai
beaucoup aimé le côté
"énergie brute" de Noir Désir, mais
je les trouve vraiment bons dans ce nouveau
registre "blues", lequel n'a d'ailleurs jamais
été totalement absent des autres
albums. Le fait est que malgré leur
évolution et leur volonté d'ouverture
sur l'extérieur, le groupe n'a jamais
cédé (et j'espère ne
cèdera jamais) à aucun effet de mode
ni aucune attente de la part de qui que ce soit.
Certes ils n'ont pas le monopole de
l'intransigeance, mais chez Noir Désir, je
trouve que ce besoin exacerbé de
liberté, d'indépendance artistique
est récurrent, notamment dans leurs
interviews. Si je devais leur adresser un message
(quel privilège ce serait !), je leur dirais
ceci : "Continuez à faire ce que vous avez
envie, j'aimerai quoi qu'il arrive, car dans tous
les cas, je trouve que vous êtes vraiment
bons !". Etre honnête avec soi-même,
c'est selon moi une preuve de respect, respect
vis-à-vis de soi, et surtout respect
vis-à-vis de ceux qui écoutent.
Bon, le sac
est vidé, arrêtons donc ici les
controverses, mettons des pointillés et
parlons de l'album, puisque c'est le thème.
La grande spécificité de Noir
Désir, la chose qui à mon sens
différencie le groupe de son environnement
musical, ce sont les textes. On a souvent tendance
à ne privilégier que la musique, et
à sous-estimer ainsi l'immense talent
littéraire de l'auteur. Car je n'ai pas
l'impression d'exagérer quand je dis que B.
Cantat écrit bien, et écrit juste.
C'est une constante depuis Où veux-tu qu'je
r'garde jusqu'à aujourd'hui, et c'est un
élément d'explication de leur
réussite.
Dans des
Visages des Figures, les textes sont toujours aussi
beaux, toujours aussi riches (et je dirais
même davantage que dans les autres albums).
La mélancolie est toujours présente,
le style est toujours aussi complexe et
dépouillé à la fois. On est
ballotté de sentiments en sentiments,
d'images en images et même si on perd du sens
en route, on tombe vite sous le charme. On perd du
sens oui. Je suis toujours frustré à
l'écoute des paroles, celles-ci laissent
toujours une place importante à
l'interprétation personnelle mais parfois
&endash; et même souvent &endash; j'aimerais
en savoir un peu plus, savoir ce qu'il a voulu dire
à tel ou tel endroit. On essaie de deviner,
de pressentir, on imagine, on croit bien percevoir
quelques fragments, quelques morceaux de
sensations, d'émotions, de sens en fin de
compte, mais on n'est jamais vraiment certain, on
reste souvent sans réponse satisfaisante, et
on ressent un manque, on en souffre même
parfois.
Je sais qu'il
ne sera pas d'accord, mais je le verrais bien
sortir un bouquin où &endash; pour chaque
morceau &endash; il expliquerait ses textes,
commenterait ses choix, ses dilemmes. Je pensais
trouver quelques réponses dans Noir(s)
Désir(s) &endash; le livre &endash; mais
j'ai dû me résigner une fois encore,
et accepter le style définitivement
énigmatique de l'auteur.
Autre
idée qui m'est venue à l'esprit
après plusieurs écoutes, le fait que
l'album révèle pour la
première fois la prépondérance
du duo Cantat &endash; Teyssot-Gay. En effet, et ce
n'est pas faire injure aux deux autres larrons, des
Visages des Figures, c'est d'abord une voix
&endash; celle de Bertrand &endash; et une guitare,
celle de Serge (et non pas de Manu !). Par
curiosité, je suis retourné voir les
précédents albums : cela a
confirmé mes impressions quant à ce
dernier opus, la batterie et la basse sont toujours
présents mais différemment,
peut-être de manière plus accessoire,
plus secondaire. A mon sens, ce sont les nouvelles
orientations musicales du groupe qui expliquent ce
phénomène. Je reste pourtant
convaincu que sur scène,
l'homogénéité et la
complémentarité de Noir Désir
restent entières. A vérifier à
Toulouse le 29 septembre, j'y serai, sans
faute.
|
|
L'enfant
roi
Placée
en tête, cette chanson nous plonge de
manière assez brutale dans le nouvel univers
musical de l'album. Pour moi, et je suis sûr
pour beaucoup d'autres, le dépaysement a
été total. Ce qui attire l'attention
dans L'enfant Roi, c'est d'abord l'accord à
la guitare, entêtant et pas si évident
que cela à retenir. La voix de Bertrand est
elle aussi une sacrée surprise par rapport
à tout ce que l'on a entendu jusqu'à
présent, même avec des titres tels que
Song for JLP ou Twilight Zone. Quand je pense que
Noir Désir a failli s'arrêter à
cause de cela. Pour moi, la fin du groupe ne serait
pas en soi une catastrophe, mais à condition
qu'il s'agisse d'un choix, et non d'une
nécessité.
Quoi qu'il en
soit, l'ensemble m'a vraiment emballé, et on
peut se réjouir au passage pour l'heureux
papa et féliciter également la maman,
c'est ce qu'il convient de faire dans ces cas
là non ?
Le
vent nous portera
Ayant
acheté le single, j'ai eu le temps
d'écouter et de réécouter ce
morceau. A ce sujet, les fans attentifs auront
perçu une légère
différence entre les deux versions au niveau
de l'intro. Vous n'avez pas remarqué ? Mais
si, écoutez bien !
A mon avis,
c'est la chanson qui plaira le plus, et c'est
normal, car elle est vraiment belle avec Manu qui
accompagne de sa guitare sautillante et lumineuse
et qui vient apporter sa pierre à
l'édifice. A tous les gens qui disent ne pas
aimer Noir Désir, j'ai envie de leur
balancer ce titre en pleine figure : "Tenez,
regardez ce qu'ils sont capables de faire !".
Pourtant, je suis d'accord avec Benoît
lorsqu'il dit que ce single n'est pas
représentatif de l'album. Autant je trouve
que les autres chansons forment un ensemble
homogène et harmonieux, autant j'ai beaucoup
de mal à intégrer Le vent nous
portera dans cette unité. Le fait de l'avoir
beaucoup écouté auparavant est
peut-être une explication, mais j'ai
malgré tout peur du syndrome Aux sombres
héros de l'amer. Dernière chose, le
texte, un des plus beaux de l'album pour moi,
l'image des "méandres au creux des reins"
restera pour moi une image forte. Je retiendrai
aussi le très fin "Infinité de
destins / On en pose un / Qu'est-ce qu'on en
retient ?". Une douceur et une intensité
illimitée, Manu Chao aurait sûrement
dit "infinita tristeza".
Des
armes
L'occasion
pour moi de découvrir vraiment Léo
Ferré, après avoir découvert
&endash; ou plutôt redécouvert Jacques
Brel avec la reprise de Ces gens là, que
j'ai entendue pour la première à
Millau pour ce que j'appelle "la fête
à José". Comme pour le morceau de
Brel, Des armes est une chanson vraiment pas facile
à reprendre, même si je n'ai pas
(encore) été voir la version
originale, le risque était grand selon moi
mais le résultat est magnifique : une vraie
réussite, surtout au niveau de
l'orchestration. La puissance du texte fait le
reste. Une chanson courte mais remarquablement
interprétée, Léo, tout comme
Jacques, doivent être contents : "C'est bien
les p'tits gars !".
L'appartement
Une des
meilleures de l'album selon moi, une
simplicité étonnante dans le style,
et surtout un refrain où l'on
découvre pour la première fois un
chanteur qui n'hésite pas à monter
très haut, même si les
précédents morceaux laissaient
augurer un tel changement. Une ambiance tout
à fait particulière qu'on a du mal
à décrire. Cela me rappelle un peu le
ton de Lolita nie en bloc ou de A la longue, car le
sujet de ces chansons est aussi une femme. Une
belle trouvaille lexicale à travers un jeu
de mots pas évident à trouver :
"Attends moi, toi tu es la reine / Des sommets,
l'orage sévit dans les plaines", qu'on
aurait pu comprendre comme "Laura, je sévis
dans les plaines". Mais peut-être
n'était-ce même pas volontaire de la
part de l'auteur, qui sait ?
Lost
Ma
préférée, de loin. Je me rends
compte que j'ai été un peu
sévère plus haut, je reconnais que
sur ce morceau on retrouve Noir Désir
là où ils sont malgré tout les
meilleurs. Voix cassée, guitare agressive,
batterie et basse omniprésentes et textes
percutants (j'espère ne pas raconter de
bêtises en disant que la chanson parle de
l'industrie du disque). "Enfin !" diront certains,
j'avoue que moi aussi j'ai été
heureux de voir que le groupe n'avait pas
complètement abandonné la
révolte.
Avec Lost, je
retrouve l'ambiance des précédents
albums, c'est-à-dire l'ambiance qui en
premier lieu m'a fait aimer Noir Désir. Le
début n'interpelle pas vraiment, mais on est
tout de suite attentif à ce qui va se passer
ensuite. En descendant assez bas dans les graves,
le refrain vient alors donner tout son sens
à la chanson. A partir de la tout
s'éclaire, le morceau devient
mélodieux et lumineux. Puis le ton monte et
la fin est tout simplement divine avec une guitare
qui rappellera à certain En route pour la
joie (version live évidemment). Je dirais
que ce morceau est là pour rassurer. Noir
Désir est toujours Noir Désir : "Lost
but not stranded yet".
Bouquet
de nerfs
Une belle
conclusion à cet album (si l'on met à
part L'Europe, improvisation que je commence
vraiment à apprécier), Bouquet de
nerfs est une manifestation de la grâce qui
habite le groupe. Même si on se sent vraiment
frustré au niveau du texte, on
apprécie tout de même la
musicalité de certains vers. Je retrouve
même du Têtes Raides dans le texte avec
"Mais olfacultatif / Liste en boule, au panier".
La
beauté du morceau tient également
dans la vitrosité de S. Teyssot-Gay. Les
crissements de sa guitare me ramènent de
manière irrésistible vers son
expérimentation solo Silence Radio. J'engage
ceux qui possèdent cet enregistrement
inclassable à le réécouter, et
notamment Waiting. Sûr que le petit
détour de Sergio a inspiré le
présent album.
Voilà,
j'espère que je n'ai pas été
trop long, ni trop pénible (je me rends
compte que si en me relisant). des Visages des
Figures est pour moi le résultat d'un
superbe travail. Ni meilleur ni moins bon que les
précédents, il mérite
assurément une place de choix dans l'univers
musical de chaque fan de rock.
J'ai une
chose à dire avant de vous laisser : merci
aux quatre gars d'avoir été là
pendant ces années, et merci d'être
toujours là, toujours entiers. Merci d'avoir
été le souffle et le lien. Merci de
faire ce que vous faites, et d'être ce que
vous êtes. Continuez, mon monde à moi
est plus intéressant si vous en faites
partie. Bon vent, portez-nous encore.
|
LE COMMENTAIRE D'INFOCONCERT.COM
Merci
à Barbara !
Un
nième album pour la bande à Bertrand
Cantat attendu avec impatience.
5ème
album studio pour les Bordelais et là,
grosse surprise. Le Noir Désir attendu n'est
plus : nouveau son, nouvelle direction artistique.
On reste perdu devant la métamorphose de ce
groupe fétiche, longtemps catalogué
comme l'essence même du rock. Bertrand Cantat
n'aime pas les chapelles, me direz-vous. Ni les
autres d'ailleurs, et ils le prouvent en
s'évadant vers d'autres sonorités et
expérimentations musicales. Il faut donc
réapprivoiser la musique des Bordelais pour
l'apprécier à sa juste valeur. La
puissance du groupe ne passe plus par la tension et
les secousses telluriques. Même le chant de
Cantat a changé, moins tendu, moins
extrême, plus posé et osant des gammes
jusque-là jamais explorées.
Heureusement pour les textes, rien n'a
changé : l'écriture de Cantat est
toujours aussi percutante, belle à en
pleurer, amère comme la vie et toujours
chargée de sens.
Cet album est
suicidaire, car les quatre Noir Dés' n'ont
pas eu peur de se remettre en question et partir
à l'aventure sans garde-fous. Risque
maximal, opération réussie. Il faut
écouter ce 12 titres d'une oreille vierge,
se le repasser en boucles pour s'en
imprégner. Laisser aux Bordelais le choix de
flirter avec le blues, les ballades et les chansons
plus calmes (enfin faussement calmes). Tout le
monde connaît « Le vent nous portera
» (hélas, single du groupe) où
la voix de Cantat interloque, où la
mélodie semble trop facile. Ce morceau est
pourtant magnifique, assisté de la guitare
mutine de Chao et des élucubrations
jouissives d'Akosh. L'album débute avec
« L'enfant roi » plus proche du blues que
du rock, séquencé par quelques
boucles hypnotiques. Terriblement glaçant
à y réfléchir de près.
Avec « Le grand incendie », on renoue
avec un Noir Dés' plus ressemblant
même si, là encore, des accents blues,
des incursions électroniques viennent nous
défriser. Impression mitigée sur
« Des armes » de Ferré : la voix
de Bertrand est vraiment insupportable même
si la musique grandiose a tout pour prendre aux
tripes. « Son style 1 », plein de bruit
et fureur, s'oppose à « Son style 2
» glaçant et atmosphérique. Coup
de cur sur « A l'envers à
l'endroit » au texte poétique,
où bidouillages sonores et guitare fureteuse
se fondent. Sans parler de ce morceau fleuve «
L'Europe » qui convie Brigitte Fontaine et
Akosh : free jazz et texte terrifiant au programme.
Pas
persuadée à 100%, peut être un
peu déçue mais convaincue du bien
fondé des expérimentations du quatuor
bordelais. Noir Dés' reste ce grand groupe
qu'on aime.
LE COMMENTAIRE DE LA
FNAC
Il est
terminé le temps où Noir Désir
fonçait tête baissée dans de
grands raids électriques ivres
d'électricité hardcore et de grandes
envolées lyriques. Avec le temps, les
Bordelais ont quitté peu à peu leurs
positions rock pour goûter à d'autres
envies. Les cordes, les claviers et les choeurs
féminins font ici une entrée
tonitruante, les structures se détendent, la
voix de Bertrand Cantat montre une amplitude
insoupçonnée et Noir Désir
arpente de nouveaux registres. Dans son univers
sonore transformé, le groupe a invité
quelques amis à partager le feu de joie.
Manu Chao et sa petite guitare latine
ensoleillé d'un swing artisanal " Le vent
nous portera ", Brigitte Fontaine scande ses
messages sur le colossal " L'Europe " et même
Léo Ferré, à titre posthume,
signe le texte de " Des armes ", un titre qu'il n'a
pas eu le temps de mettre en musique de son
vivant.
LE
COMMENTAIRE DE BENOIT
J'ai eu la
grande chance d'écouter le nouvel album de
Noir Désir en avant première :
surprenant. Je ne m'attendais pas du tout à
ça.
Après
la première écoute, on pense desuite
au premier album du groupe " où veux tu
qu'je r'garde " : mélancolique, bizarre,
calme, excellent quoi.
Rien à
voir avec les rythmes de " Tostaky ", " Du ciment
sous les plaines " et " Veuillez rendre
l'âme
". En revanche, quelques
similitudes avec " 666 667 Club " toujours dans les
sonorités.
Bertrand,
là encore, nous étale son immense
talent de chanteur avec une gamme de sons
hallucinants. Il dégage une émotion
toujours aussi prenante, en particulier dans " Des
armes ", " A l'envers à l'endroit " et "
Bouquet de nerfs ", 3 chansons que j'affectionne
particulièrement.
Pour ceux qui
s'attendent à c'que ça
déménage, seule " Son style 1 "
répondra présente. En effet, peu de
rythmes électriques endiablés.
Quelques
passages à haut débit de paroles
(façon rap) sont à noter. Il me
semble également que le tempo de certaines
chansons se rapprochent de groupes tels que No one
is innocent ou Lofofora (tu vois le style où
ai je du mal à me faire comprendre ? ! ! ?)
Par contre,
grosse déception sur " L'Europe "
(durée : 23'45'') : beaucoup trop de
longueur, une musique sans trop
d'intérêt à mon goût et
la participation de Brigitte FONTAINE qui n'apporte
rien d'extra (je parle uniquement pour moi :
d'autres sauront, je pense, y trouver leur compte).
Pour
conclure, Noir Désir change là encore
de registre, comme un retour à la source, un
apaisement se fait ressentir, on se dit
déjà " vivement le prochain " et en
attendant " En route pour la joie "
Beud
LE COMMENTAIRE DE JULIEN
Voilà,
j'ai 24 ans et j'ai découvert Noir
Désir alors que j'avais 19-20 ans, donc
assez tard. Jusque-là, des titres tels que
Marlène, Tostaky ou Aux sombres héros
de l'amer m'étaient vaguement familiers,
mais sans pouvoir y mettre un nom dessus. A cette
époque, on les croyait finis, puis 666 667
club est sorti et c'est à partir de
là que j'ai réellement aimé le
groupe, et que j'ai été chercher les
albums précédents.
On a
l'impression de se répéter mais c'est
vrai, Noir Désir est objectivement un groupe
à part dans le paysage musical
français, je ne vais pas y revenir dessus.
J'attendais donc avec impatience le prochain
album.
La
première audition de Le vent nous portera
à la radio m'a permis de constater qu'ils
étaient toujours là. Certes, ils
évoluent, mais leur son, leur style est
toujours présent, impossible de se tromper,
au bout de quelques secondes, avant même
qu'il ne commence à chanter, on sait que
c'est eux, car il n'y a qu'eux pour jouer de cette
manière.
Après
plusieurs tentatives, j'ai réussi à
capturer la chanson sur cassette, et à
pouvoir ainsi l'écouter davantage. Bien
sûr, avec un son douteux, une intro et une
fin coupées par l'animateur mais qu'importe,
l'essentiel est là. Et enfin, hier 28
août 2001, je me suis précipité
sur le single.
A la
première écoute du CD 2 titres, je me
suis dit que j'avais vraiment loupé quelque
chose avec mon enregistrement artisanal. Sur ce
dernier, la guitare de Manu Chao a
déjà débuté (entre
parenthèse, je me suis toujours
demandé pourquoi Noir Désir et la
Mano Negra n'avaient pas davantage travaillé
ensemble), tandis qu'avec le CD, on découvre
le tout début, et à mon sens, c'est
le point crucial de la chanson, quand la guitare
démarre.
Je
n'hésite pas à le dire, cette intro
est réellement lumineuse, je sais que peu de
gens seront d'accord avec moi, mais dans
l'intensité et dans l'émotion qu'elle
suscite (du moins chez moi), elle est comparable
à Tostaky. J'ignore pourquoi, elle est assez
simple après tout, c'est toujours difficile
à exprimer avec des mots. Le seul regret que
j'ai, c'est que par la suite on l'entend moins, et
c'est dommage, car c'est le fruit du mélange
entre les styles des deux groupes, et c'est un
mélange détonnant.
Pour le
reste, la chanson me plaît, le style est
toujours triste, mélancolique, et le texte
est joli aussi. L'image "des méandres au
creux des reins" notamment me plaît beaucoup.
Bref, c'est Noir Désir, pas de doute
là-dessus, Noir Désir qui s'interroge
sur la vie, la mort et le temps qui
passe.
Malgré
tout, ce sont les premiers accords que je
retiendrai, au-delà de tout le reste. Pour
finir, le morceau m'a également permis de
découvrir Akosh S., saxophoniste hongrois,
de la même manière qu'Ernestine avait
fait découvrir Lajko Felix, violoniste
hongrois également.
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