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Toutes ces photos ont été prêtées à destination.noir-désir par Barbara NEYMAN.
Elles sont plus qu'inédites. Merci de ne pas les reproduires sans l'autorisation de leur auteur.
Merci vraiment à Barbara pour cette belle surprise !

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Concert de Lyon du 27 juillet 2001 (Nuits de Fourvière) - Bertrand Cantat, Serge Teyssot-Gay, Jean-Paul Roy, Denis Barthe...



... et Akosh !



Concert à l'Elysée-Montmartre le 15 mai 1991 - Bertrand Cantat

 



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BONUS : Bertrand Cantat en duo avec Rita Marley, le 15 mai 91, lors du concert de l'Elysée-Montmartre.
Le titre interprêté ? "Redemption song" de Bob Marley. Une info inédite fournie par Barbara, en plus des preuves !

 



Concert à l'Olympia le 26 novembre 1996 - Bertrand Cantat



Concert à l'Elysée-Montmartre le 30 avril 2000 - Sege Teyssot-Gay, Denis Barthe, Bertrand Cantat et Jean-Paul Roy
(
concert organisé par la Confédération Nationale du Travail )



Concert à l'Elysée-Montmartre le 30 avril 2000 - Jean-Paul Roy


Concert à la Cigale le 20 mars 1993 - Frédéric Vidalenc

 


BARBARA NEYMAN

Barbara NEYMAN, 28 ans, photographe, a suivi Noir Désir pendant huit ans et a illustré la pochette de l'album "Dies Irae". Elle traque les groupes de rock français en quête d'échanges magnétiques et identitaires.

Barbara NEYMAN en 11 dates

1972 : naissance à boulogne
1990 : festivals de Dours. Premiers clichés
1991 : rencontre Noir Désir
1993 : livret CD black maria "Mona"
1993 : livret CD no man's land "Conteste"
1994 : livret CD Noir Désir "Dies Irae"
1998 : expo "one click one flash" 8 ans avec Noir Désir
1999 : expo Lofofora pour leur concert au bataclan
1999 : ultime session des Berurier Noir à l'occasion de leur 10 ans de séparation
1999 : expo "quandd la photo est bonne" compilation de live et de portraits d'artistes
2000 : Sessions privées avec le fleuron de la scène rock francaise en prévision du livre. expo "Musical Journey" au Cavern, compilation de live, de portraits et de composition.



UN PEU PLUS SUR BARBARA...

Où veux tu que j'regarde ?

Par Jan-Pol FERTINEL

Barbara n'est pas à l'aise sur la petite desserte en bois qui lui fait office de tabouret. C'est dans la pièce en sous-sol d'un pavillon de la banlieue sud, qu'elle s'éclipse d'un siège de fortune, aussi vite qu'elle s'y était assise, pour rejoindre un canapé revêtu d'ikats indonésiens. Délicate, elle écrase sa cigarette avant de câliner un chat borgne, qui ne se fait pas prier pour s'allonger, en maculant de poils le jean bleu et tendu de la photographe. Plus sensible au problème oculaire du chat, elle murmure " ce n'est pas important, j'ai l'habitude " , puis laisse un sourire en guise de suspension avant d'assombrir un visage lunaire et de lait "pour lui, c'est terrible ! j'ai connu ça avec mes chats... ". Elle n'en dira pas plus. A ses yeux ronds et noirs, les chats sont sacrés. Ils sont ses confidents, son dernier refuge, un abri de poils mais de griffes aussi, " comme toujours, c'est une question de balance ". Ils sont aussi l'ultime photo qu'il y aurait dans l'île déserte. Une complicité qu'elle ne tente même pas d'expliquer, il suffit de regarder, de photographier, " c'est aussi un échange, le chat ".

En plein projet de livre et à la veille d'une exposition, Barbara Neyman peine à revenir sur sa motivation première, prise par son quotidien " Ce bouquin c'est une galère motivante, les groupes, toujours sur la route ou en studio, les à côtés aussi, les prises de rendez-vous, la course aux éditeurs et toutes ces histoires de planning et puis il y a l'agence !" ou débordée par la pression et l'organisation artistique " Faut rechercher les planches, faut faire un tri, comme pour les souvenirs, lesquels.. ? ". C'est éprouvant et ces souvenirs autant que ces situations suffisent à ébranler sa tranquillité et forcer sa discrétion. Une pudeur qui l'habille souvent de bleu et de noir et lui donne ce côté un tantinet mélancolique " J'aime me souvenir... voire un peu trop ". Là aussi motus sur cette enfance tranquille à Neuilly avec des parents " cools " et laïques, gardant toute sa lucidité sur les privilèges hérités " Ils m'ont laissé faire... ", et se braque presque quand on insiste " Impasse OK !... " mais laisse filtrer quelques origines corses, polonaises, anglaises et " Paris Sud ! " insiste-t-elle avant de classer le sujet entre les regrets et les espoirs " ...c'est un peu personnel ". Alors quand on ose, pour ne pas bouleverser cet intérieur, aborder le premier déclic qui s'est produit pour en arriver là, elle rétorque, sa tête posée sur le dossier et le regard au plafond, un peu perdue et détachée " C'est comme ça, c'est génétique ! ".

C'est à 18 ans que Barbara enclenche l'appareil et développe, en partie, sa technique au Lycée Quinault à Paris, un enseignement qui la déçoit et qui la frustre " Je n'étais pas à ma place, comme une étrangère. Nous n'avions pas le même discours. C'était plus pour te cadrer que d'élargir ton angle et ta vision des choses ".La colère en demie teinte, quand un professeur ironise sur un travail de fin d'année " Il occultait tout le côté artistique ", n'importune pas sa détermination et sa volonté, nobles qualités qu'elles sait dissimuler sous cette réserve emplie de charme et dénuée de fard. L'événement déterminant sa carrière est le Festival de Dours (Belgique), où la jeune Barbara saisit l'opportunité de réaliser son premier travail dans la musique. " Un coup de bluff, j'ai téléphoné à l'organisateur ", avec l'air d'un presque rien, prenant cet instant " comme il vient " et comme tous les autres " prête à capter ce que le hasard peut apporter. Etre là. Pour Dours, c'est le hasard des vacances ! ".Elle plonge dans le grand cirque du rock " mon contraire m'intrigue " en quête, introspective, de rencontres, d'échanges et d'intimités avec les groupes. Un " face à face " où chacun s'y reflète. C'est le début d'une collaboration amicale avec les Black Maria " ma première parution, un des plus beaux moment de ma vie ", les No Man's Land, qui l'invitent pour une exposition sur leur dix ans de carrière où plus récemment les Cox qui lui demandent de les rejoindre sur la tournée. " Partir en tournée... il n'y a pas de mise en scène, obligé d'être, sans tricher. Ils sont la voix et les oreilles, je suis l'œil. Puis c'est un voyage... encore de l'autre côté ". Tout en ménageant son temps, entre des prises de vue dans les studios de Elle ou les séances labo chez Gamma, elle compile ses rencontres en couvrant les Francofolies, les Eurockéennes et des reportages pour MCM international ou en occupant les plateaux de tournage de clips. Barbara gagne la confiance des troubadours électriques, séduits par ce bout de femme modérée, presque effacée, jamais devant mais juste en face ou à côté, ce qui est un écart selon l'angle des choses. Modeste, certes, mais fière quand Noir Désir la contacte pour illustrer la pochette de l'album Dies Irae " ils ont été l'un des premiers groupes à me faire confiance... ". Barbara suivra les bordelais pendant huit ans avant d'exposer cette mirifique saga " ... c'était aussi une reconnaissance de mon travail... alors reconnaissante ! ", lors d'une soirée consacrée au groupe.

Ses photos, qu'elles soient de scène ou de composition, dévoilent une image cachée de ce que l'on pourrait s'attendre à voir dans un groupe de rock. Beaucoup de sérénité et de quiétude, comme ce portrait de Reuno de Lofofora ou de Polo s'adonnant à la lecture. Barbara Neyman a le don de dissoudre les traits de ses personnages pour ne laisser refléter que leur profil onirique. Cette caractéristique donne à l'ensemble un aspect éthéré et épuré, presque ascète et paradoxalement, renforcé par un sens exacerbé et aigu du détail. Le Rimmel des Cox, la cigarette de Tiersen ou le pied de micro de Arno. Ceci est encore plus flagrant dans son travail de composition. Les courbes érotiques d'une fourchette, l'eau dans un évier en inox, la bretelle défaite d'une ballerine " Dans une composition, malgré la mise en scène, je me laisse guider. Il y a une grande part de sens effleurés. Je travaille à vif ".

Une alerte des sens qui aide à mieux comprendre son attirance pour le live " La photo surgit s'il se passe quelque chose avec le sujet. Si le concert est bon, la photo donnera " et d'exceller dans ce jeu d'échange et de communion " les artistes se reconnaissent, donc ,je restitue ce que je prends ". Touchée par l'univers de Kertesz et sa fibre pop, le grain à fleur de peau de Corjbin, il y a une approche privilégiée et intime liée néanmoins à la peinture " c'est un rapport indissociable et une évidence. C'est lié au regard, donc à l'image et je n'y vois aucune frontière ". Magritte, Wharol, Colin " leur façon de cadrer m'inspire ". Puis, Leibovitz, toujours " L'essentielle et indispensable " parce que c'est une histoire similaire, une histoire de femmes, de photos et de corps mis en scène... ou sur scène "le corps [des autres]est la moitié de mon travail, sans, il me manque quelque chose ". Assurément vital, tout comme la scène " accro et frustrée si je n'ai pas l'appareil " où Barbara renaît, dans le laps de temps d'une prise " vide de bonheur, cet instant seulement ", délaissant sa chrysalide, sans toutefois se laisser bercer par les illusions que procurent les professions artistiques. Consciente de la dureté du métier, c'est la clairvoyance qui prime " Je n'ai jamais adhéré à un dogme, à un parti où à une confrérie, c'est moins difficile en cas de chute... ". Ne ménageant pas ses propos sur certaines attitudes " Trop ont la grosse tête, ce n'est que de la photo et que du rock, faut relativiser", Barbara transforme ce réalisme en idéal, réduit à la dimension humaine et dégagé d'utopie " L'idéal, c'est maintenant, dans chaque individu, flou et imparfait. L'utopie, c'est comme la photo parfaite, quelle horreur ! ".

Pour l'heure, c'est une exposition au Cavern " qui mêlera live et compos " puis le livre, avec Laurent Ferrand, ami et collaborateur, sur le rock français " plutôt des portraits ". Un livre qu'elle rangera entre les regrets " ne pas avoir la Mano Negra " et les espoirs " peut-être Noir Désir ".

Elle se lève, sans bousculer le chat, ramasse son briquet et couvre ses épaules d'un gilet. Elle s'agrippe les bras comme pour se ressaisir de tant d'aveux. Un long silence l'accompagne jusqu'à la porte. Complice. Comme un secret. Discret.

© 1998-2007.....Florent GARNIER