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Pour
commencer, le système capitaliste ne convient pas
au groupe, et il le fait savoir dès ses premiers
albums, pourtant chiches en références
politiques. Ainsi dans
The Holy
Economic war
(Du
ciment sous les plaines - 1990) Cantat
écrit-il : you've
got to produce more and more (Tu
dois produire encore et encore) Et 6 ans plus tard, dans des
termes presque identiques, Cantat revient à
la charge dans Fin
de siècle (666 667 club &endash;
1996) Enclenchez
la fonction mémoire Pas
Capitalistes donc, mais pas communistes pour
autant. C'est ce qu'affirme Cantat
dans
une interview accordée à
l'humanité en
1997. Lisez plutôt : - Au
dernier Printemps de Bourges, Robert Hue
est venu vous rendre visite dans les
loges. Alors? -
Très sympa ! On a juste
devisé ensemble, on a
déconné sur son ancien
groupe et échangé quelques
réflexions - que le Parti
communiste doit avoir, j'imagine - sur la
présence sur le terrain pour
contrecarrer le Front national qui est,
lui, très présent. Robert
Hue est convaincu qu'il faut
réinvestir le terrain. Nous, nous
ne sommes pas communistes, mais nous
pensons que le terrain ne doit pas
être investi par les gens du FN et
eux seuls, sinon, c'est un boulevard pour
eux...
Ni capitalistes, ni communistes Reste l'anarchisme ?
D'ailleurs le nom même Noir Désir pourrait bien constituer la meilleure des preuves Un nom auquel Barclay s'est longtemps opposé, et que le groupe a su imposer malgré les pressions de la major A moins que, loin de constituer une référence politique, le nom choisi par les Bordelais ne soit que le reflet d'un certain mal de vivre, palpable dans les premiers albums, aux textes sombres et tourmentés. Un nom ambigu, donc, qu'il est sans doute nécessaire de juger au regard de la participation de Noir Désir, au cours de l'année 2000, aux journées anticapitalistes organisées par la CNT, une organisation anarco-syndicaliste Une organisation appréciée par le groupe mais dont il affirme ne pas faire partie. La référence
aux faisceaux, dans Tostaky,
titre emblématique du groupe, est quand
à elle assez incongrue. Peut-être
n'est-il pas inutile de rappeler que les
faisceaux sont le symbole du fascisme
italien. Il se présente graphiquement en
un paquet de verges liées autour d'une
hache, que les licteurs portaient comme symbole de
l'autorité des magistrats et de l'union des
forces de la cité. Plusieurs mouvements se
sont inspirés de ce symbole, mais le plus
connu est celui par Mussolini en 1919, Les
faisceaux Italiens de combat. de
l'Amérique vendue Une référence
d'autant plus incongrue que dans le même
album Tostaky,
Cantat proclame au détour de
Here it
comes slowly : we'll
never stand fascism anymore Efin,
last but not least, Noir Désir s'est
engagé dans une lutte contre le Front
National de Jean-Marie Le Pen, devenant l'un
des principaux soutient du " sous marin ",
le café concert de Vitrolles, emmuré
par la marie FN de Brunot Megret (aujourd'hui
fondateur du MNR). Un
autre jour en France La
clef du problème est sans aucun doute toute
entière dans cet extrait
d'interview
parue dans "La porte",
en Janvier 1993. A la question: "Et le personnage
de Johnny ?", Cantat répond: "Celui
là ce n'est pas moi qui l'ai écrit
mais un groupe que j'aimais beaucoup et qui
s'appelait les Nus. Je crois que l'on
procède de la même manière, en
prenant le côté totalement symbolique
; c'est absolument personne Johnny, il
représente seulement le symbole dans sa
toute puissance. Ce que j'ai aimé dans
ces paroles, c'est cette rage, cet écho du
parti unique qui revient sans cesse dans la
chanson. Johnny, c'est l'anarchiste et suis
plutôt d'accord avec ça, là
je suis d'accord ! Mais le parti unique tel
qu'on l'a connu, alors là, non ! Jouer
avec le symbole pur, ça devient des
personnages symboliques d'une époque.
Johnny c'est aussi la tentation terroriste, la
tentation extrémiste, on épouse
la cause jusqu'au
bout.
La
chanson témoigne d'une époque et d'un
type de révolte qui, à mon avis, doit
être abandonné pour ses erreurs mais
surtout pas pour cette
énergie." Finalement,
il semble aisé de définir les
convictions politiques de Noir Désir par la
négative : ils ne sont ni capitalistes ni
communistes, et combattent le FN et l'extrême
droite
Mais il s'avère bien
plus difficile de cerner l'appartenance politique
réelle du groupe
Noir Désir
serait-il apolique ? Noir Désir se
garde-t-il de se ranger derrière un
mouvement quelconque, par nature trop
réducteur ? Toutes ces
initiatives ne sont pas codifiées, mais
votre engagement a sans doute un sens. Lequel
? Que la parole
ne soit plus confisquée par des
professionnels, ceux qui s'en sortent; qu'elle
puisse être redistribué à tous
ceux qui ont des choses à dire; que les
énergies circulent à nouveau: les
énergies libertaires, de reconquête
d'idées aussi simples que
l'égalité des chances, aujourd'hui
fondamentalement menacée. Cette reprise de
la parole s'impose comme une évidence, tout
comme la reprise d'initiative. Notre position
découle de cela: on ne veut pas se contenter
de jouer notre musique et d'avoir du succès.
Cela ne nous paraît même pas
envisageable. Le sens est là et repose
également sur d'anciennes
références: l'égalité
des chances, ne pas accepter un certain type de
mondialisation, le tout marché, le tout
pognon, sans qu'aucune autre idée vienne
contrecarrer ce système. Le monde ne peut
être géré sans cette
idée de partage des richesses, du savoir...
Ce que je dis là est assez commun. Enfin,
tant mieux si ça le devient... Et
puis dans 666
667 club, la vie prend
souvent le pas sur les considérations
politiques, comme dans Fin
de Siècle,
semblant marquer une évolution d'un groupe
qui a peut-être perdu certaines de ses
illusions: Y'avait les
drapeau du grand soir Ou comme dans " A ton
étoile ". A Ton
étoile A
l'éspoir qui nous tient |
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