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Pour les élus FN, il s'agit
bien là d'une antre satanique d'où
s'échappe une musique propre à
développer les mauvais instincts de la jeunesse.
Une musique qui doit donc cesser
Déjà, un
comité de soutien, parrainé par Bertrand
Cantat, chanteur de Noir Désir, est en train de
s'étoffer. On y retrouve, en autres, les groupes
Zebda, Lofofora, No one is innocent, les Garçons
Bouchers, les journaux 'Charlie Hebdo' et 'Fluide glacial',
Pierre Clément, Jane Birkin, Patrice Chéreau,
Maguy Marin, Ariane Mnouchkine, des directeurs de salle
comme l'Aéronef à Lille ou le Florida à
Agen... Au lendemain de ce concert, le 6 octobre 1997, armée de truelles et de mortier, une équipe de la mairie mure la porte de la salle, recouvrant les murs de la ville d'arrêtés municipaux destinés à justifier de tels actes (le sous-marin n'aurait pas remis à la municipalité un bilan financier certifié par un commissaire aux comptes).
POUR
EN SAVOIR PLUS...
Le
site de Jacques
Berlier Le
27 novembre 1997, au Zénith,
est organisée une soirée
de soutien aux Indiens du Chiapas (et
d'ailleurs) : " Viva Zapata ". Il s'agit
pour plus de soixante associations,
collectifs, comités, ONG de
présenter leurs activités et
de réunir au cours d'un même
concert des artistes aussi divers que
Noir Désir, Lofofora, Tarace
Boulba, Ekova, Flor del Fango
tous
participant
bénévolement. Un
mois plus tard, le 27 Décembre
97 Noir Désir signe une
pétition dont le texte est le
suivant : paramilitaires
liés aux grands
propriétaires terriens et au PRI,
le parti au pouvoir. Les
communautés indigènes
réclament une paix juste et digne
ainsi que la reconnaissance de leurs
droits fondamentaux. Solidaires de leur
cause nous demandons: 1)
La constitution d'une commission
d'enquête indépendante sur
ces massacres; UN PEU D'HISTOIRE... La région du Chiapas, située au Mexique, possède une agriculture très riche et est composée essentiellement d'une population indigène très pauvre. Celle-ci a toujours été rejetée, tout d'abord avec les Espagnols (en 1958, ils ont colonisé tout le territoire du Mexique actuel) qui considéraient les indigènes comme des sauvages incapables de penser ou d'agir raisonnablement, puis aujourd'hui avec le gouvernement mexicain qui souhaite jouir des fruits de la richesse agricole du Chiapas et qui refuse de reconnaître l'identité des indigènes, leurs terres et leur liberté. en effet, les paysans indiens réclament simplement plus de reconnaissance, justice et liberté. Si les indiens ne constituent
aujourd'hui qu'à peine 15% de la population
mexicaine, au Chiapas ils sont beaucoup plus
représentés. Dans cette région vivent
les derniers descendants des Mayas, les lacandons.
C'est dans cet État que le 1er Janvier 1994,
commença l'insurrection des paysans indiens qui
prirent les armes avec pour modèle EMILIANO
ZAPATA, d'où le nom d'EZLN (Ejercicio
Zapatista de Liberacion Nacional) c'est à dire
l'Armée Zapatiste de Libération Nationale. Il
est difficile de dire qui est le déclencheur de ce
mouvement, si ce n'est une trop grande souffrance
liée à leurs conditions de vie et la
volonté des indiens de récupérer leurs
terres. La guérilla (ainsi appelée vu le peu de moyens dont dispose cette armée de familles miséreuses), est menée par le sous Commandant Marcos, bien que n'étant ni indien ni originaire des terres du chiapas. Pour les indiens, cet homme est vite devenu une légende vivante symbolisée par une petite poupée cagoulée avec cartouchière et fusil à son effigie. "Pourquoi si peu de gens on tant et que tant de gens ont si peu ?" "Pour qu'on nous voie, nous nous
sommes masqués le visage ; pour qu'on nous donne un
nom, nous avons pris l'anonymat ; pour avoir un avenir, nous
avons mis notre présent en jeu ; et pour vivre, nous
sommes morts". Aujourd'hui, la politique menée par le gouvernement de l'Etat du Chiapas et le gouvernement fédéral ont dramatiquement aggravé la situation, particulièrement dans la zone de conflit. Dans un document récemment diffusé par le ministère de l'Intérieur, le gouvernement fait état de 64 milliards de pesos (50 milliards de francs) déversés depuis 1995 sur le Chiapas pour les dépenses sociales (soit une augmentation de 33 % alors que la moyenne nationale est de 27,9 %), tout en reconnaissant qu'elles restent inférieures de 15 % à celles du reste du Mexique. Des milliards investis en réalité pour la destruction du tissu social, pour la division et l'affrontement des communautés, des milliards pour les paramilitaires et les caciques locaux, des milliards de " dépenses sociales " pour la guerre. L'encerclement par l'armée des zones zapatistes empêche toujours les paysans de travailler leur terre, de récolter le maïs, base de leur alimentation, et ce qui faisait la richesse relative de cette région, le café. Entre Las Margaritas et La Realidad, il y a habituellement deux barrages de l'armée, un des services migratoires, et trois campements militaires. Entre La Realidad et San Quintin, région plus difficile d'accès, peuplée de nombreuses petites communautés, il y a sept barrages avant d'arriver à la base militaire de San Quintin. Plus de 35 000 soldats entraînés à la lutte contre la guérilla et aux conditions climatiques des Altos et de la forêt, sont installés aux abords des communautés, leur apportant les maladies sociales comme l'alcoolisme et la prostitution, polluant délibérément, comme à Xoyep, leurs sources et harcelant en permanence les habitants. Pourtant, pour la première fois depuis longtemps, à Polho et Acteal dans les Altos, et même à La Realidad, on voit les grains sécher devant les maisons de bois. Le café sera ensuite vendu, à un prix ridiculement bas, aux " coyotes " (intermédiaires) de Panthelo ou de Las Margaritas. La récolte se fait sous la protection de brigades de la Croix-Rouge internationale pour éviter les agressions des paramilitaires. L'argent des programmes sociaux, le statut donné par le port d'une arme, la protection politique offerte par le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) sont autant d'éléments qui ont fait basculer des jeunes sans terre et sans travail dans les rangs des paramilitaires. Leur action peut être brutale comme à Acteal où, il y a deux ans, ils massacrèrent 45 personnes, femmes et enfants dans leur majorité, ou " dissuasive " comme dans d'autres zones où ils menacent, brutalisent, expulsent, brûlent des maisons... La paramilitarisation a provoqué un déplacement massif des populations poussées par la peur. Il y a actuellement plus de 15 000 Indiens déplacés dans les Altos, la région nord du Chiapas et la forêt. Dans le seul campement de Polho, ils sont plus de 7 000 qui ont commencé à construire des maisons de bois tout autour du petit village de 500 habitants. D'autres, comme les Indiens de Chamula expulsés, se sont installés dans la périphérie de San Cristobal de Las Casas. D'autres enfin vivent dans la montagne comme les Tojolabals de Guadalupe Tepeyac, dont le village est aujourd'hui envahi par les herbes, la petite église détruite après avoir un temps servi de bordel aux militaires installés là depuis février 1995. En partant, les familles abandonnent leur bout de terre qui est accaparé par les paramilitaires au titre de butin de guerre. Elles survivent essentiellement de l'aide du diocèse et des caravanes de solidarité venues de la capitale. Ces propos sont tirés de l'article de Françoise Escarpit parus dans l'humanité.
QU'EST-CE QUE LE GISTI ? Attention, les propos qui suivent sont tirés du site du gisti ! Le GISTI est une petite association de spécialistes du droit des étrangers qui, depuis sa création en 1972, a pour but d'aider les étrangers et les immigrés par des permanences juridiques gratuites et par son soutien à leurs luttes. Le GISTI publie aussi des ouvrages de droit et des documents pratiques. Il organise encore des formations au droit des étrangers pour spécialistes et militants. Pour le GISTI, la liberté de circulation est une sorte de droit naturel. Quoi de plus normal que de pouvoir aller à son gré d'un point à un autre, d'une région à une autre, d'un pays à un autre ? D'ailleurs, la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par l'ONU il y a juste cinquante ans, n'affirme-t-elle pas que " Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État. Toute personne, poursuit-elle, a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays " ? Il est vrai que cette Déclaration ne reconnaît pas pour autant le droit pour chacun d'entrer librement dans tout pays. Depuis plusieurs années, le Gisti insiste pour que l'Europe et la France fondent leur politique à l'égard des migrants sur la liberté de circulation et non, comme c'est le cas depuis 1973, sur son contraire, la fermeture des frontières. D'abord parce que la fermeture ne donne pas satisfaction : la lutte des sans-papiers montre que les frontières sont perméables même quand on les a déclarées juridiquement étanches, surtout dans un monde où, d'une part, le règne du libéralisme et l'effondrement de l'aide au développement accroissent les injustices, la misère, et où, d'autre part, la violence et la répression frappent encore et toujours des millions d'individus. Or, au nez de qui ferme-t-on les frontières ? Pas à celui riches, ni à celui des agents de la répression. On ferme les frontières aux pauvres et aux persécutés. Faire de la liberté de circulation le principe de la politique migratoire de l'Europe et de la France ne signifie pas que l'on s'interdise de prendre des précautions particulières dans certaines circonstances exceptionnelles, par exemple pour se protéger. Mais il faut noter que les trafiquants ou les terroristes voyagent rarement sous leur identité réelle. Et le risque d'invasion ? Jusqu'en 1986 - on ne s'en souvient pas toujours -, il n'y avait pas d'obligation de visas pour les pays africains. Il n'y a pas eu d'invasion. Quand le rideau de fer s'est effondré, les experts nous ont annoncé le déferlement. On l'attend toujours. Quand l'Espagne et le Portugal sont entrés dans la Communauté européenne, on nous a prédit la submersion. Mais où sont-ils donc passés ? Pour le Gisti, la liberté de
circulation permettrait enfin aux migrants de ne pas se
fixer indéfiniment en France et en Europe s'ils ne le
souhaitent pas. On ne dit jamais que, dans de très
nombreux cas, ils veulent seulement y passer quelques
années, le temps de faire des économies ou
d'acquérir des compétences nouvelles avant de
regagner leur pays. Or, sous le régime de la
fermeture des frontières, la délivrance des
autorisations de séjour et de travail est si stricte
qu'ils n'osent plus repartir et finissent pas tenter de
faire venir leur famille avec eux, légalement de
préférence, ou illégalement si leur
demande est rejetée. En garantissant le droit
à l'aller et au retour, la liberté de
circulation facilite la fluidification des flux migratoires
et favorise un véritable codéveloppement. |
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