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En 1997, le Sous-Marin est un simple café-musique ouvert sur tous les courants musicaux, quelque soit leur origine… mais un café-musique situé place Mandela à Vitrolles, sous les fenêtres de l'hôtel de ville où règne Catherine Mégret, épouse du n°2 du FN (Brunot Megret est devenu depuis lors le fondateur du MNR, provoquant ainsi la scission du FN).

Pour les élus FN, il s'agit bien là d'une antre satanique d'où s'échappe une musique propre à développer les mauvais instincts de la jeunesse. Une musique qui doit donc cesser…
C'est pourquoi le 19 juin 1997, le conseil municipal vote la suspension de la subvention municipale de 200.000 francs, qui représentait 20% du budget annuel du café-musique.

Déjà, un comité de soutien, parrainé par Bertrand Cantat, chanteur de Noir Désir, est en train de s'étoffer. On y retrouve, en autres, les groupes Zebda, Lofofora, No one is innocent, les Garçons Bouchers, les journaux 'Charlie Hebdo' et 'Fluide glacial', Pierre Clément, Jane Birkin, Patrice Chéreau, Maguy Marin, Ariane Mnouchkine, des directeurs de salle comme l'Aéronef à Lille ou le Florida à Agen...
Un comité qui organise le 4 octobre un grand concert de soutien au sous-marin, au cours duquel se produisent bénévolement Noir Désir, Miossec, Massilia Sound System, Thugs, Burning Heads et Biocide.

Au lendemain de ce concert, le 6 octobre 1997, armée de truelles et de mortier, une équipe de la mairie mure la porte de la salle, recouvrant les murs de la ville d'arrêtés municipaux destinés à justifier de tels actes (le sous-marin n'aurait pas remis à la municipalité un bilan financier certifié par un commissaire aux comptes).

POUR EN SAVOIR PLUS...

Le site du sous-marin
Le site de l'humanité

Mais saisi en référé par l'association les Productions du Sous-Marin, qui estimait illégaux ces arrêtés, le tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence exige la restitution des locaux ; un an après, le Tribunal Administratif de Marseille condamne la municipalité Front National de Vitrolles et annule les arrêtés municipaux.
Néanmoins, la municipalité ayant fait appel, l'équipe du Sous-Marin, qui avait choisi de déménager, n'a toujours pas le pouvoir juridique de réintégrer les lieux.

Bibiographie : le site du sous-marin et de l'humanité.

 


Cliquer sur la carte pour une vue d'ensemble

 



POUR EN SAVOIR PLUS...

Le site de Jacques Berlier
Le site du Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Le 27 novembre 1997, au Zénith, est organisée une soirée de soutien aux Indiens du Chiapas (et d'ailleurs) : " Viva Zapata ". Il s'agit pour plus de soixante associations, collectifs, comités, ONG de présenter leurs activités et de réunir au cours d'un même concert des artistes aussi divers que Noir Désir, Lofofora, Tarace Boulba, Ekova, Flor del Fango… tous participant bénévolement.

Un mois plus tard, le 27 Décembre 97 Noir Désir signe une pétition dont le texte est le suivant :
" Des dizaines d'Indiens Tzotzil, dont une majorité de femmes et d'enfants, viennent d'être sauvagement massacrés au Chiapas par des groupes

paramilitaires liés aux grands propriétaires terriens et au PRI, le parti au pouvoir. Les communautés indigènes réclament une paix juste et digne ainsi que la reconnaissance de leurs droits fondamentaux. Solidaires de leur cause nous demandons:

1) La constitution d'une commission d'enquête indépendante sur ces massacres;
2) La dissolution des groupes paramilitaires;
3) Le retrait de l'armée des territoires indigènes;
4) L'application immédiate des accords de San Andrés, signés il y a bientôt deux ans entre le gouvernement et l'armée zapatiste (EZLN). "

UN PEU D'HISTOIRE...

La région du Chiapas, située au Mexique, possède une agriculture très riche et est composée essentiellement d'une population indigène très pauvre. Celle-ci a toujours été rejetée, tout d'abord avec les Espagnols (en 1958, ils ont colonisé tout le territoire du Mexique actuel) qui considéraient les indigènes comme des sauvages incapables de penser ou d'agir raisonnablement, puis aujourd'hui avec le gouvernement mexicain qui souhaite jouir des fruits de la richesse agricole du Chiapas et qui refuse de reconnaître l'identité des indigènes, leurs terres et leur liberté. en effet, les paysans indiens réclament simplement plus de reconnaissance, justice et liberté.

Si les indiens ne constituent aujourd'hui qu'à peine 15% de la population mexicaine, au Chiapas ils sont beaucoup plus représentés. Dans cette région vivent les derniers descendants des Mayas, les lacandons. C'est dans cet État que le 1er Janvier 1994, commença l'insurrection des paysans indiens qui prirent les armes avec pour modèle EMILIANO ZAPATA, d'où le nom d'EZLN (Ejercicio Zapatista de Liberacion Nacional) c'est à dire l'Armée Zapatiste de Libération Nationale. Il est difficile de dire qui est le déclencheur de ce mouvement, si ce n'est une trop grande souffrance liée à leurs conditions de vie et la volonté des indiens de récupérer leurs terres.
De plus, le 1er Janvier 1994 correspond à la date de mise en place de l'ALENA entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. Les indiens se sont sentis une fois de plus les laissés pour compte de cette négociation car celle-ci n'aborde à aucun moment les problèmes relatifs à la région du Chiapas et aux indigènes.

La guérilla (ainsi appelée vu le peu de moyens dont dispose cette armée de familles miséreuses), est menée par le sous Commandant Marcos, bien que n'étant ni indien ni originaire des terres du chiapas. Pour les indiens, cet homme est vite devenu une légende vivante symbolisée par une petite poupée cagoulée avec cartouchière et fusil à son effigie.

"Pourquoi si peu de gens on tant et que tant de gens ont si peu ?"

"Pour qu'on nous voie, nous nous sommes masqués le visage ; pour qu'on nous donne un nom, nous avons pris l'anonymat ; pour avoir un avenir, nous avons mis notre présent en jeu ; et pour vivre, nous sommes morts".

Ces propos sont issus du site de Jacques Berlier. Merci à lui !

AUJOURD'HUI

Aujourd'hui, la politique menée par le gouvernement de l'Etat du Chiapas et le gouvernement fédéral ont dramatiquement aggravé la situation, particulièrement dans la zone de conflit. Dans un document récemment diffusé par le ministère de l'Intérieur, le gouvernement fait état de 64 milliards de pesos (50 milliards de francs) déversés depuis 1995 sur le Chiapas pour les dépenses sociales (soit une augmentation de 33 % alors que la moyenne nationale est de 27,9 %), tout en reconnaissant qu'elles restent inférieures de 15 % à celles du reste du Mexique. Des milliards investis en réalité pour la destruction du tissu social, pour la division et l'affrontement des communautés, des milliards pour les paramilitaires et les caciques locaux, des milliards de " dépenses sociales " pour la guerre.

L'encerclement par l'armée des zones zapatistes empêche toujours les paysans de travailler leur terre, de récolter le maïs, base de leur alimentation, et ce qui faisait la richesse relative de cette région, le café. Entre Las Margaritas et La Realidad, il y a habituellement deux barrages de l'armée, un des services migratoires, et trois campements militaires. Entre La Realidad et San Quintin, région plus difficile d'accès, peuplée de nombreuses petites communautés, il y a sept barrages avant d'arriver à la base militaire de San Quintin. Plus de 35 000 soldats entraînés à la lutte contre la guérilla et aux conditions climatiques des Altos et de la forêt, sont installés aux abords des communautés, leur apportant les maladies sociales comme l'alcoolisme et la prostitution, polluant délibérément, comme à Xoyep, leurs sources et harcelant en permanence les habitants.

Pourtant, pour la première fois depuis longtemps, à Polho et Acteal dans les Altos, et même à La Realidad, on voit les grains sécher devant les maisons de bois. Le café sera ensuite vendu, à un prix ridiculement bas, aux " coyotes " (intermédiaires) de Panthelo ou de Las Margaritas. La récolte se fait sous la protection de brigades de la Croix-Rouge internationale pour éviter les agressions des paramilitaires. L'argent des programmes sociaux, le statut donné par le port d'une arme, la protection politique offerte par le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) sont autant d'éléments qui ont fait basculer des jeunes sans terre et sans travail dans les rangs des paramilitaires. Leur action peut être brutale comme à Acteal où, il y a deux ans, ils massacrèrent 45 personnes, femmes et enfants dans leur majorité, ou " dissuasive " comme dans d'autres zones où ils menacent, brutalisent, expulsent, brûlent des maisons...

La paramilitarisation a provoqué un déplacement massif des populations poussées par la peur. Il y a actuellement plus de 15 000 Indiens déplacés dans les Altos, la région nord du Chiapas et la forêt. Dans le seul campement de Polho, ils sont plus de 7 000 qui ont commencé à construire des maisons de bois tout autour du petit village de 500 habitants. D'autres, comme les Indiens de Chamula expulsés, se sont installés dans la périphérie de San Cristobal de Las Casas. D'autres enfin vivent dans la montagne comme les Tojolabals de Guadalupe Tepeyac, dont le village est aujourd'hui envahi par les herbes, la petite église détruite après avoir un temps servi de bordel aux militaires installés là depuis février 1995. En partant, les familles abandonnent leur bout de terre qui est accaparé par les paramilitaires au titre de butin de guerre. Elles survivent essentiellement de l'aide du diocèse et des caravanes de solidarité venues de la capitale.

En février 1996, le gouvernement et l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) signaient les accords de San Andrés sur la culture et les droits indiens. Le non-respect de ces accords par le président Zedillo a provoqué la suspension de tout contact entre l'EZLN et le gouvernement fédéral depuis septembre 1996. Les zapatistes exigent, pour reprendre le dialogue, le vote par le Congrès fédéral d'une loi d'application des accords de San Andrés. Pour faire pression, les bases zapatistes se sont organisées dans 32 " municipios " (cantons) autonomes dans l'esprit des accords signés il y a près de quatre ans. La stratégie gouvernementale est toujours la même : pour venir à bout de cette rébellion civique, on oppose des communautés à l'intérieur des municipios, des groupes à l'intérieur des communautés, on polarise la situation à l'extrême pour créer les prétextes à l'intervention de la police de l'Etat et détruire ces municipios autonomes.

Ces propos sont tirés de l'article de Françoise Escarpit parus dans l'humanité.


 

 

Le 7 avril 1999, le concert " Liberté de circulation " réuni les 30 artistes qui ont répondu présent à l'appel de Rodolphe Burger et Bertrand Cantat. La manifestation est destinée à recueillir des fonds au profit du Groupe d'Information et de Soutien des Immigrés. Afin de rendre l'opération financièrement profitable, le concert fait l'objet d'un enregistrement qui donne lieu à la parution de l'album " Liberté de circulation ".

POUR EN SAVOIR PLUS...

En marge >> Liberté de circulation
Le site du GISTI >> http://gisti.org/
Presse

QU'EST-CE QUE LE GISTI ?

Attention, les propos qui suivent sont tirés du site du gisti !

Le GISTI est une petite association de spécialistes du droit des étrangers qui, depuis sa création en 1972, a pour but d'aider les étrangers et les immigrés par des permanences juridiques gratuites et par son soutien à leurs luttes. Le GISTI publie aussi des ouvrages de droit et des documents pratiques. Il organise encore des formations au droit des étrangers pour spécialistes et militants.

Pour le GISTI, la liberté de circulation est une sorte de droit naturel. Quoi de plus normal que de pouvoir aller à son gré d'un point à un autre, d'une région à une autre, d'un pays à un autre ?

D'ailleurs, la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par l'ONU il y a juste cinquante ans, n'affirme-t-elle pas que " Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État. Toute personne, poursuit-elle, a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays " ? Il est vrai que cette Déclaration ne reconnaît pas pour autant le droit pour chacun d'entrer librement dans tout pays.

Depuis plusieurs années, le Gisti insiste pour que l'Europe et la France fondent leur politique à l'égard des migrants sur la liberté de circulation et non, comme c'est le cas depuis 1973, sur son contraire, la fermeture des frontières. D'abord parce que la fermeture ne donne pas satisfaction : la lutte des sans-papiers montre que les frontières sont perméables même quand on les a déclarées juridiquement étanches, surtout dans un monde où, d'une part, le règne du libéralisme et l'effondrement de l'aide au développement accroissent les injustices, la misère, et où, d'autre part, la violence et la répression frappent encore et toujours des millions d'individus.

Or, au nez de qui ferme-t-on les frontières ? Pas à celui riches, ni à celui des agents de la répression. On ferme les frontières aux pauvres et aux persécutés.

Faire de la liberté de circulation le principe de la politique migratoire de l'Europe et de la France ne signifie pas que l'on s'interdise de prendre des précautions particulières dans certaines circonstances exceptionnelles, par exemple pour se protéger. Mais il faut noter que les trafiquants ou les terroristes voyagent rarement sous leur identité réelle.

Et le risque d'invasion ? Jusqu'en 1986 - on ne s'en souvient pas toujours -, il n'y avait pas d'obligation de visas pour les pays africains. Il n'y a pas eu d'invasion. Quand le rideau de fer s'est effondré, les experts nous ont annoncé le déferlement. On l'attend toujours. Quand l'Espagne et le Portugal sont entrés dans la Communauté européenne, on nous a prédit la submersion. Mais où sont-ils donc passés ?

Pour le Gisti, la liberté de circulation permettrait enfin aux migrants de ne pas se fixer indéfiniment en France et en Europe s'ils ne le souhaitent pas. On ne dit jamais que, dans de très nombreux cas, ils veulent seulement y passer quelques années, le temps de faire des économies ou d'acquérir des compétences nouvelles avant de regagner leur pays. Or, sous le régime de la fermeture des frontières, la délivrance des autorisations de séjour et de travail est si stricte qu'ils n'osent plus repartir et finissent pas tenter de faire venir leur famille avec eux, légalement de préférence, ou illégalement si leur demande est rejetée. En garantissant le droit à l'aller et au retour, la liberté de circulation facilite la fluidification des flux migratoires et favorise un véritable codéveloppement.

© 1998-2007.....Florent GARNIER