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.... Mars 2002


L'interview de Fred VIDALENC

par Destination Noir Désir !



Fred Vidalenc, Bassiste historique de Noir Désir, sort un superbe album solo le 15 mars 2002: "La lattitude des chevaux". C'est avec simplicité, gentillesse et franchise que Fred VIDALENC a répondu aux questions que je lui ai posées à cette occasion. Alors, bonne lecture !

"Il s'agit un peu d'incantations destinées à se donner du courage"

L'album commence et finit par une même interrogation: "Apprendras-tu enfin à t'apaiser ?". Dans "Cabo penas", vous semblez répondre par l'affirmative: "Plus tard je suis revenu des océans perdus / [...] / J'ai refermé la faille, à l'abri de la bruine".
Alors, la réponse à l'interrogation, c'est oui, non ?

Ce n'est ni oui, ni non: il s'agit un peu d'incantations destinées à se donner du courage. On n'est jamais apaisé complètement, mais il est important de se poser ces questions à soi-même, et de se dire: "Oui, je vais y arriver". De toute façon, ma vie a changé de forme depuis un moment, donc de ce côté-là on peut dire qu'il y a un apaisement, oui.

La femme qui chante sur Cabo Penas, au fait, c'est votre femme, non ?

A l'origine c'était elle: c'est elle qui a enregistré... et puis je trouvais que cela sonnait un petit peu faux; c'est donc quelqu'un d'autre qui l'a refait par la suite. Pourtant, je tenais vraiment à ce que ce soit elle, mais ça abimait la chanson. Ceci dit, c'est évidemment une chanson sur elle, écrite d'ailleurs par Agnès Demaret, sa soeur jumelle (on se connait tous très bien !). C'est un texte que j'aime beaucoup, sur Sylvie (sur ma femme donc), et sur la symbolique de la femme sans racine. D'ailleurs ce morceau devrait s'appeler "Cabo penas, la femme sans racine", mais cette précision a été oublié sur la pochette.

"C'est un pur plaisir physique, une plénitude physique, pour moi. C'est un des seuls moments de ma vie où je ne me pose pas trop de question, où je dors correctement"

Vous avez choisi de "rencontrer la mer". Que cherchiez-vous en vous lancant dans la navigation ?

Pour commencer, je ne me suis pas lancé dans la navigation, je navigue depuis que je suis tout gamin: j'ai toujours aimé ça. C'est un pur plaisir physique, une plénitude physique. C'est un des seuls moments de ma vie où je ne me pose pas trop de question, où je dors correctement. La navigation est donc très importante pour moi. C'est par ailleurs une forme de petite retraite du monde: j'aime naviguer en solitaire.

Vous naviguez sur de longues périodes ?

Oui, j'ai fait deux ou trois transatlantiques, et j'ai toujours navigué en haute mer. Disons qu'il y a des gens dont le plaisir est de faire de la régate, entre trois bouées. Ce n'est pas du tout mon cas: j'aime ce que l'on appelle le hauturier, c'est-à-dire la navigation en très haute mer, et donc forcément sur de longues périodes.

"On a l'impression que tu fais de la musique quand tu fais quelque chose qui se voit ou qui s'entend"

Pourquoi vous lancer dans l'aventure d'un album solo, après avoir quitté brusquement la musique pour un autre univers? Vous avez retrouvé le goût des notes, tout simplement ?

Je n'en suis jamais vraiment parti: on a l'impression que tu fais de la musique quand tu fais quelque chose qui se voit ou qui s'entend. Moi je n'ai jamais arrêté de faire de la musique: j'ai fait de la production, dans la période "après Noir Désir", j'ai rencontré des gens. Je suis assez curieux de nature, et quand j'apprécie quelqu'un, j'essaie tojours de le rencontrer. J'ai donc passé mon temps à cela: à approcher les gens que j'apprécie, dont j'aime le travail, à entamer un dialogue avec eux.

Et au fil de ce dialogue, il m'est apparu que j'avais envie de montrer mon point de vue, d'intervenir aussi en tant qu'auteur, compositeur et chanteur, ce qui était vraiment une nouveauté pour moi. Mais je n'ai tenté l'expérience qu'à partir du moment où j'avais rencontré suffisament de gens (dont certains me disaient: "Va y, essai"), qu'à partir du moment où la discution avait été suffisamment riche pour qu'elle m'éclaire sur ce que je voulais faire. J'avais besoin de faire le point , et avant de faire quelque chose, de savoir où je voulais aller exactement.

Ca vous manquait de chanter, ou de ne pas composer davantage dans Noir désir ?

J'ai toujours composé dans Noir Désir, comme tous les autres, en fin de compte. Je crois que tout le monde avait sa part d'influence: c'est à dire qu'il y en a qui orientent vers des chansons plus tranquilles, d'autres vers des chansons plus "carton": ça marche comme ça un groupe. Je n'ai jamais été frustré de cela dans Noir Désir.

Chanter, je n'en ai jamais eu envie à ce moment là. Non, ça ne me manquait pas du tout à l'intérieur de Noir Désir, pas du tout.

C'est après, une fois sorti de là... j'avais envie de dire: "je", en clair. Cela voulait dire qu'il fallait y aller.

"Je trouve qu'on apprend beaucoup en voyant les mains"

Le packaging du CD ne montre presque jamais votre visage. Au contraire, vous apparaissez les yeux masqués par un bandeau noir, par vos mains, ou par une ombre... Pourquoi ce choix, et quelle est la symbolique des mains, ainsi que de la bague qui les orne ? Y a-t-il un sens précis à tout cela ?

Il y a effectivement un sens précis aux mains. Au départ, je voulais qu'il y ait celles de tous les gens qui avaient joué sur cet album, qui avaient participé. Il y a toujours un trombinoscope, mais je trouvais qu'il était presque plus intéressant de voir les mains des gens; surtout quand ce sont des musiciens, c'est assez drôle. Et puis je trouvais cela assez beau: je trouve qu'on apprend beaucoup en voyant les mains.

La bague, tout simplement, c'est la mienne, celle que j'ai en permanence. Elle n'a pas changé de place, c'est pour cette raison qu'elle figure sur la pochette.

Le visage masqué, c'est principalement parce que cela me genait d'avoir une photo complète, en façade. Je trouve en effet que cela peut faire un peu mode, trop esthétique.

Mais c'est surtout les mains, qui m'importaient. C'est en quelque sorte le fil conducteur. Et puis cela me permettait aussi de demander à chacune des personnes d'en prendre elle-même une photo, et de me l'envoyer ensuite, ce qui fait que c'était assez amusant. Melano, par exemple, a mis les siennes directement dans le scanner ! Jean Paul a fait une petite mise en scène.

"Le pot au noir"

Pourquoi ce titre mystérieux, voire obscur: "La latitude des chevaux" ? Est-ce une référence à la nature et à la liberté ?

La latitude des chevaux, c'est un terme de navigation qui définit la zone de convergence intertropicale, c'est-à-dire le pot au noir. L'origine de la latitude des cheveaux se trouve à l'époque de la Conquista Espagnole: les bateaux qui partaient vers l'amérique du sud, passé cette zone, se trouvaient dans une région sans vent ou avec des vents ératiques, ou encore devaient faire face à des grains; une zone de très grand calme, donc.

Il se trouve que si cela leur prenait trop de temps à traverser, ils balancaient à la mer les cheveaux qu'ils transportaient, parce que l'eau venait à leur manquer... et que les chevaux en boivent beaucoup !

Pour moi cela avait une valeur sympolique, car après la période Noir désir il y a eu une période de calme, de vents qui soufflent dans tous les sens, orageuse. Mais surtout de calme. D'ailleurs l'album aurait dû s'appeler "Après la latitude des chevaux", ou quelque chose comme cela, mais c'était trop lourd et pas très beau. Quoiqu'il en soit, l'idée, c'est qu'on est passé derrière quelque chose.

J'aurai apris quelque chose, je ne connaissais pas du tout ce terme-là, en tout cas !

Il y a une chanson de Morisson, qui parle de Horse latitude. Mais c'est une notion que j'ai apprise avec Bernard Moitessier, avec les lectures qui m'ont donné envie de naviguer. Je me souviens d'avoir lu cela dans "La longue route", ou quelque chose comme cela. Et je trouve que l'expression est vraiment belle.

Un problème technique interromps la conversation... Mais elle ne tarde pas à reprendre...

"Remonter sur scène, ça me faisait une peur bleue"

Vous avez déjà goûté à la scène, avant même la sortie de l'album. Avez-vous découvert de nouvelles sensations, en solo, ou bien simplement retrouvé vos anciennes marques ?

Nous avons fait notre première date en février, à Lorient. C'était bien. Remonter sur scène, ça me faisait une peur bleue, et puis je me suis apperçu que je savais toujours le faire, qu'il y avait plein de choses qui revenaient, des sensations que je connaissais bien: être debout entre les retours, l'excitation; tout cela revenait... et aussi un mal de dos que je n'avais plus eu pendant 5 ans, parce qu'il doit être lié à la tension de la scène.

Evidemment il y a de nouvelles sensations, parce que je n'est pas la même place. Je suis devant et c'est moi qui chante. C'est moi aussi qui dois parler entre les chansons, et ce n'est pas très facile ! Ca oui, c'est nouveau, c'est encore pire; et l'on est encore plus content quand c'est réussi. C'est un peu démultiplié, je trouve.

Et puis ce sont des sensations nouvelles aussi parce qu'avec Noir Désir je ne jouais pas de guitare sur scène et que je ne chantais pas; alors que maintenant je joue de la guitare sur scène et je chante. Je me demandais comme ça allait se passer... et puis tout s'est bien déroulé.

Il y a beaucoup de choses qui restent, du fait d'avoir fait beaucoup de scène avec Noir désir (j'ai fait beaucoup, beaucoup de concerts): c'est comme le vélo, on n'oublie pas. Il y a un plaisir immense d'être sur scène, j'ai toujours adoré ça. Ca me fout un peu la trouille, mais d'un autre côté je sais que notre métier, c'est cela, avant tout. C'est l'aspect le plus libre de cette activité d'auteur, de compositeur et de musicien. C'est un rapport direct avec les gens, il n'y a pas d'interférences. C'est vraiment la base. C'est un plaisir de pouvoir y retourner.

"Parceque c'était l'heure où, pendant des années, il fallait faire monter l'adrénaline"

C'est sûr qu'on ne tourne pas une page comme cela...

Oui, la scène m'a manqué physiquement, après Noir Désir, où l'on avait un rythme assez soutenu. De façon très flagrante, à telle heure le soir, je commençais a être enervé, à être de mauvaise humeur, à engueuler tout le monde, parce que c'était l'heure où, pendant des années, il fallait faire monter l'adrénaline. Et physiquement, elle a continué à monter ainsi pendant très longtemps.

Pour la première, à Lorient, elle a d'ailleurs commencé à remonter pendant le mois qui a précédé, comme si un mécanisme s'était remis en marche, ce que je trouve assez drôle et assez rassurant.

Vous avez choisi de produire votre album par l'intermédiaire de "Les messieurs"... Est-ce votre label ?

Non, c'est un label indépendant, mais ce n'est pas le mien. Je me suis installé en Bretagne il y a deux ans. Et il se trouve que je n'en avais pas à ce moment. J'ai rencontré les gens de "Les messieurs", ils ont écouté le truc, et ils m'ont dit "ça nous plairait vraiment de le faire". J'ai alors signé chez eux, tout simplement. Et c'est familial.

Et vous n'avez pas pensé à vous retourner vers Barcaly ? Pourquoi ne pas passer par une "Major" ? Pour garder une totale indépendance ?

Jy ai pensé, mais je n'avais surtout pas le choix ! Les contrats d'artistes sont souvent des contrats nominaux, et je devais m'adresser à Barclay avant de faire quelque chose ailleurs, puisque j'étais toujours lié à eux. Ils n'ont pas été intéressés. Et je m'en doutais, du fait je suis parti, absolument volontairement, dans l'idée de faire un album en 16 pistes, extremement resserré, complètement mis tempo. Je suis sûr que c'était absolument ce que je voulais faire, ce qu'il fallait que je fasse, mais je savais très bien que chez Barclay, cela poserait problème.

S'ils l'avait vraiment souhaité, je l'aurais sans doute fait chez eux, parceque je connaissais les gens, parce que c'est une habitude de travail. Je ne vais donc pas dire que c'était pour être absolument alternatif, indépendant, parce que ce n'est pas vrai.

L'intérêt était de trouver quelqu'un qui désirait de le faire. S'était le cas des Messieurs, pas de Barclay.

L'album sera tiré à combien d'exemplaires ?

Le premier tirage n'est pas énorme: 2000 exemplaires, à peu près.


"Ce qui est assez drôle, c'est que les professionnels ont toujours un problème avec ce genre d'album."

Bon, de toute façon ça va bien marcher !

Avec les gens, cela se passe bien. Il y a un accueil qui n'est pas mauvais, dès qu'ils ont le loisir de l'écouter.

Mais ce qui est assez drôle, c'est que les professionnels ont toujours un problème avec ce genre d'album. Et ce n'est pas la première fois: il y a eu des cas avec des albums de Noir Désir où cela ne se passait pas très bien avec les professionnels, et où par contre le public appréciait. Un album comme "Du ciment sous les plaines" a eu une histoire comme celle là. Je trouve que c'est tout à fait rassurant.

"Il y a des tabout comme ça dans les familles"

Justement, quelle a été la réaction de vos anciens "collègues", Noir désir, à votre initiative, puis à l'écoute de l'album ?

Demande leur ! J'ai envoyé un album à Bertrand, on s'est vu à de nombreuses reprises depuis que l'album est enregistré, mais nous n'avons jamais abordé le sujet, et je n'en sais rien. Il a des tabous comme celui là dans les familles, c'est assez étonnant (rires) ! Je trouve que s'est assez symptomatique des problèmes allambiqués qu'il peut y avoir au bout d'une quizaine d'années à jouer ensemble.

Vous avez collaboré avec plusieurs artistes, pour réaliser cet album (Jean-Paul Roy, Isabelle Becker, Agnès Demaret, notamment). Dans quelle mesure ces collaborations ont-elles enrichi votre travail ?

Il y a deux niveaux. Il y a d'abord celui de l'écriture. Agnès Desmaret a écrit des textes, ce qui influe énormément sur les choses, c'est même pratiquement la moitié du travail: nous avons travaillé ensemble pour changer la musique par rapport au texte, ou bien pour changer des morceaux de textes quand cela ne rentrait pas ou que cela ne sonnait pas bien.

Ensuite, dans le cas de Jean-Paul [NDW: Jean-Paul Roy, bassiste actuel de Noir Désir), de Méllano ou de Luc [NDW: Luc Rambo], c'est différent: c'est un travail de musicien. Quand ils sont arrivés, les morceaux étaient déjà composés, ils existaient déjà. Donc ce n'est plus qu'un travail d'arrangement: "Tiens, plutôt que de le jouer comme ça, j'essaierais bien autrement !".

J'ai demandé à Jean-Paul de venir, car j'avais adoré la basse qu'il faisait pour Noir Désir sur "A ton étoile": une espèce de Walking basse, que j'avais beaucoup aimée. Je voulais qu'il m'en fasse une ou deux, parce que c'est quelque chose que je ne sais pas faire du tout. Tu fais venir les gens pour cela, pour une qualité de jeu, ou une qualité de sensibilité; parce que tu te dis: "tiens, cette couleur là, j'aimerais bien la mettre sur ce morceau".

Mais ce n'est pas un groupe. Donc les morceaux ont été composés, et sans vouloir être dictatorial, je ne peux pas du tout lâcher la machine, car ma volonté n'est pas celle d'aller vers un groupe. Je l'ai fait, c'était bien, mais c'est une autre forme.

"Un groupe, c'est quand même la plus jolie petite machine pour jouer sur scène"

Et sur scène, comme ça va se passer, justement ?

Sur scène, nous sommes cinq. Il y a Franck Lantignac, le batteur, Christophe Jodet, le contrebassiste, Luc Rambo qui a fait les pianos (ils ont travaillés sur l'album), et un guitariste que j'ai rencontré en Bretagne, Eric Meledec et moi même.

Alors après, là oui, cela devient davantage un travail en commun. Autant en studio les musiciens n'étaient jamais tous là en même temps, autant pour travailler sur scène, finalement, il faut que l'on devienne un peu un groupe: qu'il y ait les qualités d'un groupe, (la fierté...), que tu ais la trouille... Alors là, c'est vrai qu'il y a des discussions un peu chaudes, qui me rappellent un groupe. Sur scène, c'est important d'aller vers cela. C'est quand même la plus jolie petite machine pour jouer sur scène. C'est le plus agréable, tout simlement.

"C'était le but de la maneuvre, de dire: Je "

Dans cet album, non seulement vous jouez les hommes-orchestres, mais en plus, vous chantez.... Y avez-vous pris goût ? S'agit-il d'une façon plus directe de vous exprimer ?

C'était le but de la maneuvre, de dire "Je". Le chant c'est quand même la forme d'expression la plus aboutie dans le domaine du son. Je voulais absolument le faire.

J'avais déjà chanté, je faisais beaucoup de choeurs avec Noir Désir, donc je connaissais à peu près le timbre de ma voix. Mais je ne la connaissais pas dans ces circonstances-là: avec le texte, c'est plus rude, c'est plus dur. Ce n'est pas facile, mais j'apprécie beaucoup de le faire. Si vraiment cela ne plait à personne, j'arrêterai un jour, peut-être (rires). Mais j'aime vraiment, j'ai vraiment envie de continuer à chanter, plus que tout le reste.

Dans cet album, vous signez toutes les musiques et plusieurs textes. Comment avez-vous travaillé (Par exemple: préférez-vous composer seul ? Ou encore, travaillez-vous dans l'urgence ou plutôt sur la longueur ?) ?

Je mets énormément de temps à réfléchir à toutes sortes de choses, à de petites détails. J'ai des bouts de papiers un peu partout, des morceaux de textes ou des mots. Pour la musique, c'est exactement la même chose: c'est complètement vaporisé, il y en a un peu partout. Et puis il me faut le mur, il me faut la limite: quand il y a une date butoire, je me mets à rassembler, et je m'appercois que j'ai dû pas mal travailler avant, parce que ça s'imbrique, parce qu'il y a une ligne générale qui se dégage.

Et là je me mets à bosser, très vite, je n'arrête plus, je bosse la nuit, le jour, tout le temps. Mais c'est toujours au dernier moment, même si le travail a été préparé avant, de façon un peu informelle.

C'est un peu irritant pour les gens qui travaillent avec toi, de ne rien savoir pendant longtemps, et de se dire: "ça ne va pas être prêt, ça ne va pas être prêt". Moi, j'ai l'habitude maintenant: je n'ai pas peur outre mesure que ça n'ait pas l'air prêt trois semaines avant, parceque je sais que c'est dans la dernière ligne droite que je bosse. J'en ai besoin.

Et puis en plus, le problème si tu travailles sur une période très longue, c'est que tu es plus influencé, parce que tout le monde entend où tu en es, et te fait des remarques. J'ai tendance à me déstabiliser assez facilement, et c'est une façon de se protéger de cela: personne ne voit rien jusqu'au dernier moment, et je prends tout le monde de vitesse !

"Des bonheurs absolus, des moments d'allégresse totale, de joie, de fierté, des moments de dépressions complètes aussi, de solitudes, de peine"

Que regrettez-vous de votre expérience avec Noir Désir ? Que vous a-t-elle apporté ?

Je ne regrette absolument rien de mon expérience avec Noir Désir. Noir Désir m'a apporté vraiment beaucoup de choses, de très bonnes, de très mauvaises. Des bonheurs absolus, des moments d'allégresse totale, de joie, de fierté, des moments de dépressions complètes aussi, de solitudes, de peine. Mais dans tous les cas c'était une chose extrêmement vivante, c'était une vie. De plus, j'ai une grande fierté pour toute la période où j'étais avec Noir Désir, car c'est un groupe qui peut être fier.

"J'y pense, d'autant plus que l'album va sortir le 15 [mars 2002], mais il a été enregistré en janvier 2000"

Comment voyez-vous les mois qui vont suivre la sortie de l'album ? Pensez-vous déjà travailler sur un deuxième album (bon, vous venez à peine de finir celui-là, c'est vrai...) ?

J'y pense, d'autant plus que l'album va sortir le 15, mais qui'il a été enregistré en janvier 2000 (rires). Alors, c'est un peu ma faute: il a été enregistré, après quoi j'ai déménagé (j'ai quitté Bordeaux pour m'installer en Bretagne), on a fait un enfant, et puis je l'ai ai oublié, pratiquement. Et une fois que j'ai été installé, je me suis dit: "je vais m'occuper de lui". Du coup tout a été décalé, alors que pour moi, l'album était fait depuis un petit moment.

De ce fait, évidemment, je commence à faire d'autres chanson; j'en ai d'ailleurs besoin pour la scène. C'est dans la logique.

Après, je veux faire de la scène avec celui-là, et aller jusqu'au bout. Le plus possible, mais pas n'importe comment.

Et puis aller vers un autre album, relativement vite, oui. Il y a des choses qui se mettent en place dans ma tête pour en construire un nouveau. Ca devrait venir assez vite.

Et vous surfez sur internet ?

je me sersd'internet, pour me renseigner sur des choses, pour me balader un petit peu, mais je n'y passe pas énormément de temps. J'en ai une utilisation assez technique: je veux tel renseignement sur telle chose, alors je vais le chercher. Je pensais au début que j'y passerais énormément de temps, et je m'aperçois que ce n'est pas le cas.

 

Propos recueillis par Florent GARNIER le 13 mars 2002.


© 1998-2007.....Florent GARNIER